|  | Agnès Varda et ses documentairesVoir toutes les photos "Paris Cinéma, mon cœur bat"Mercredi 30 juin. A l'issue d'une projection à l'Arlequin, Agnès Varda présente les documentaires sélectionnés pour Paris Cinéma et parle de son travail, de ses envies… "Le documentaire, ça commence par une émotion, par une curiosité, puis ça dégénère en vraie enquête." Illustration par l'exemple.
Oncle Yanco. L'histoire de sa rencontre avec un parent éloigné, retrouvé à San Francisco. Agnès Varda voulait rencontrer ce riche oncle américain, peintre et poète d'origine grecque, sur lequel Henri Miller avait écrit. La rencontre est joyeuse. "Je ne suis pas tout à fait américain parce que j'ai pris la nationalité américaine quand j'ai eu 50 ans, je ne suis pas tout à fait riche parce que je n'ai jamais mis d'argent de côté – je ne sais pas de quel côté le mettre-, je ne suis pas tout à fait ton oncle parce que je suis le cousin de ton père. Mais je t'autorise à me tutoyer !" C'est pleine d'émotions et de tendresse qu'elle parle de ce vieux bonhomme de 75 ans, connu trop tard, mais transmettant à chaque instant une joie de vivre et une légèreté incroyables. "J'aime la couleur, parce que la couleur, c'est l'extase, et qu'en dehors de l'extase, tout est vanité." Et après une crise cardiaque, alors que tout le monde s'inquiétait de sa santé : "Agnès, il n'y a rien de mieux que la crise cardiaque, c'est mieux que toutes les drogues, ne t'inquiète pas si j'en meurs, je serai heureux !"
L'Opéra-mouffe. Carnet de notes d'une femme enceinte. C'est le carnet de notes d'Agnès Varda elle-même, enceinte alors de sa fille Rosalie. "J'ai tourné avec une vieille caméra 16 mm, prêtée par la femme de Gérard Philipe. Je venais de réaliser un film de commande, et pour me consoler, j'ai fait ce film. J'étais fière de me balader avec mon gros ballon et en même temps, j'avais peur d'être éventrée, que quelqu'un ose me toucher. Ce sont ces peurs primales que j'ai voulu retranscrire. C'est une vision beaucoup plus physique, plus violente, pas du tout sentimentale, qui a permis à certains pères de comprendre ce que pouvait ressentir leur compagne." L'Opéra-mouffe nous donne un aperçu de ce qu'était le Paris des années 50, plein de misère, de mort et de vie. "Je voulais montrer que nous avons tous été des bébés et que nous sommes nés parce que nos parents se projetaient dans l'avenir avec espoir. Mais parfois, certains d'entre nous tournent mal… On ne sait jamais ce que va devenir la vie qu'on porte".
Ulysse. C'est l'histoire d'une photo, prise 28 ans plus tôt. "Sans m'y attendre, j'ai vu s'affronter l'image, preuve du réel, la mémoire et l'imaginaire. Cette photo est pleine d'histoire, de symboles. Mais la prise de conscience vient plus tard, quand on apprend qu'au même moment l'armée française tombait à Dien Bien Phu, que l'on accueillait un congrès de vespistes… Qu'est ce qu'on trouve dans une image ? Le contenu est-il dans l'image, l'image révèle-t-elle le contenu ?"
Salut les Cubains, c'est 3000 photos faites lors d'un voyage à Cuba en 1963 et animées ensuite pour faire un film. "J'ai réalisé ce documentaire avec ma bonne humeur en essayant de transmettre la bonne humeur des Cubains à l'époque, trois ans après la révolution. Je voulais terminer la programmation avec ce film, pour que vous ressortiez de la salle avec un peu de cha cha cha dans la tête."
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