Après Le Bal des actrices, Maïwenn poursuit son jeu d’équilibriste entre documentaire et fiction. C'est après avoir visionné undocumentaire puis effectué un stage auprès de policiers de la BPM qu’elle se lance dans l’aventure de ce film. Un film coup de poing, rythmé et haletant, enchaînant de véritables morceaux de bravoure collectifs grâce à un casting de haut vol. Osant le rire,le drame, la performance et l’émotion, Maïwenn évite les écueils manichéens d’un sujet sensible voire tabou (les abus sexuels sur les enfants) ainsi que tout dogmatisme dans la représentation de la police.
Crucifix, corbeaux noirs, cimetières sous la lune…, Dominik Moll s’empare avec ardeur du folklore gothique pour signer un film d’une grande force visuelle dans un récit qui privilégie l’émotion au réalisme historique. Les influences de la peinture espagnole du 19e siècle (Goya, Velasquez, Zurbaran…) alliées à la musique omniprésente du compositeur de Pedro Almodóvar composent une toile de fond idéale pour un récit où les forces du rêve et de l’inconscient le disputent à la tragédie grecque. Au-delà du plaisir de l’histoire et du plaisir des images (de la beauté des hommes-bougies aux visages en gros plan dévorés par le noir), la remarquable performance de Vincent Cassel, au jeu tout en retenu, d’une candeur qu’on ne lui connaissait pas, exprime tout le conflit intérieur d’un homme déchiré par son destin.