Sell Out! de Yeo Joon HanOut of limits !
« Dans quel état avec-vous tourné ce film ? » La première question adressée à Yeo Joon Han résume à elle seule la stupéfaction jubilatoire du spectateur qui vient de découvrir Sell Out! Une irrésistible comédie à la fois noire, hilarante et joyeusement absurde, qui tire à vue aussi bien sur le cinéma d'auteur, le grand capitalisme et la télé réalité !
Le premier long métrage de l'auteur de Girl in a Soap Bubble, présenté au festival en 2007.
De l'utilisation des personnages pour résoudre les conflits du réalisateur...
« Troublé, j'ai conçu ce film en étant... troublé !, répond le réalisateur. Je ne savais pas du tout quel genre de film j'allais écrire, car la seule offre que j'aie reçue pour réaliser un film venait d'une grosse boîte de production qui souhaitait un film commercial. Moi, je voulais faire une œuvre personnelle. Du coup, j'ai réfléchi, et j'ai décidé de faire un film à propos de ce dilemme. C'est pourquoi j'ai créé ces deux personnages de directeurs d'entreprise totalement obsédés par le profit, qui s'opposent au « rêveur », un ingénieur qui tente de concevoir la meilleure machine possible, celle qui ne tombera pas en panne. Evidemment, ça va à l'encontre de leur logique commerciale. La machine doit absolument casser le jour même où sa garantie arrive à échéance ! ». Le rêveur acceptera-t-il d'introduire un grain de sable autodestructeur dans sa machine ? Quant à l'autre protagoniste, Rafflesia, qui présente une émission de TV sur l'art, résistera-t-elle aux sirènes de la téléréalité, garantie d'une audience et d'une renommée incomparables ? Ou comment le réalisateur malin résout ses propres conflits en les faisant endosser par ses personnages...
Jubilation
Conflit personnel, dilemme... des mots graves qui occulteraient à tort le côté délirant et sans limite du film. Et surtout sa dimension musicale, qui doit beaucoup au réalisateur, compositeur des chansons. Les intermèdes façon comédie musicale interviennent là où on les attend le moins, et déclenchent les fous rires dans la salle... Pas de doute, Yeo Yoon Han manie avec maestria liberté de ton et mélange des genres.
D'ailleurs, si Yeo Joon Han ne se reconnaît aucune influence précise, il avoue un amour sans borne pour Annie Hall de Woody Allen, son film préféré, dont la liberté absolue le séduit : « Il joue sur les sous-titrages, les split screens de façon extraordinairement inventive. Je reste toujours sous le charme de ce film qui m'a marqué il y a 20 ans ». Sans limites, mais pas sans références.
Voir la vidéo de l'entretien avec Yeo Joon Han
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Yeo Joon Han © Florent Michel
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