My Only Sunshine en présence de Reha Erdem et Elit Íscan Sous le choc
Avec My Only Sunshine, sélectionné au dernier Festival de Berlin, Reha Erdem poursuit son exploration de l'adolescence, et du difficile passage à l'âge adulte. Suite à la projection, c'est tout naturellement que la discussion s'engage entre le réalisateur, son interprète principale Elit Íşcan, et une salle curieuse et passionnée.
« C'est un film très dur ! », premier commentaire de deux spectatrices sous le choc à la sortie du film. Même question dans la salle lors du débat qui suit, en compagnie du réalisateur et de la jeune comédienne Elit Íşcan, qui joue Hayat, adolescente esseulée, malmenée par un père et son grand-père. Comment la jeune fille a-t-elle supporté de tourner une histoire aussi noire ? C'est Reha Erdem, dans un excellent français, qui prend la parole. « Quand on travaille dans le cinéma, on rencontre parfois des gens qui sont de vrais miracles. Elit en est un. Elle a un véritable éclat, pensez au « Sunshine » du titre. Elle a été assez forte pour faire ce film, et en même temps elle fait preuve d'une grande légèreté, elle est capable de se laisser aller. Si bien que ce n'est qu'au montage que j'ai compris la portée de ce que nous avions filmé. »
La jeune fille, trop timide pour prendre la parole, a visiblement remporté tous les suffrages. Les questions fusent. Où Reha Erdem l'a-t-il rencontrée ? Réponse : « la recherche des bons comédiens est une tâche essentielle dans la préparation de mes films. C'est même ce qui me prend le plus de temps ! Elit avait un petit rôle dans Des temps et des vents. Elle avait un peu plus de 13 ans, un âge qui m'intéresse beaucoup car on a alors très envie de grandir, on se projette sans cesse dans l'avenir. D'ailleurs, elle ne disait pas « j'ai 13 ans », mais « dans 8 mois, j'aurai 14 ans ! ». Pour My Only Sunshine, je cherchais une fille plus jeune, puis j'ai pensé, j'ai un trésor sous la main, pourquoi chercher plus loin ? ».
Mais comment ce film si sombre, à la grande beauté picturale, a-t-il été reçu en Turquie ? « Bien dans les milieux que je connais, mais les autres l'ont-ils vu ? » sourit Reha Erdem. Même question concernant les conditions de tournage. Ont-elles été difficiles ? Financièrement oui, rétorque le réalisateur, mais pour le genre de cinéma qu'il fait, ce n'est pas spécifique à la Turquie. Et de rappeler que Tsaï Ming-liang pourrait faire la même réponse !
|