Les Films de l'AvenirRelève assurée !
Depuis trois ans Les Films de l'Avenir présentent un panorama de courts métrages réalisés par des étudiants. Cette année huit films ont été sélectionnés, de tous les genres, de toutes les langues. Fin du suspens le 13 au soir pour la remise du prix ! En attendant, rencontre avec trois de ces réalisateurs.
Entre les cours, Qiaowei Ji
Mai 2009. Qiaowei Ji, étudiante à la Sorbonne nouvelle, s'ennuie. La fac est bloquée, les cours annulés et elle ne sait pas comment valider son année. Elle décide alors de répondre à un projet de festival de courts métrages lancé par la Sorbonne, "Objectif Censier". C'est lors d'une pause avec son amie, en licence de cinéma elle aussi, que nait Entre les cours. "Je lui ai posé des questions sur la grève et la parole est venue, très librement. J'ai décidé de la filmer mais je ne pensais pas que je pourrais utiliser son témoignage. Elle non plus ne savait pas que ça serait projeté. Sans arrière pensée, l'improvisation a abouti à quelque chose de très naturel et sincère. La réalisation a été très rapide, il m'a fallu du temps par contre pour la traduction". Il en ressort un discours étonnamment décomplexé sur le conflit et les réactions contradictoires qu'il suscite car, au jeu des causes/conséquences, le constat n'est pas simple. Si Xu Ke soutient les mots d'ordre et comprend les enjeux d'une privatisation, elle ne cache pas son désaccord sur les moyens d'actions. Ses mots sont parfois durs pour les manifestants et le légendaire esprit de rébellion des français que l'étranger nous attribue. Un point de vue totalement assumé par la réalisatrice. "Elle ne dit que la vérité et je crois beaucoup en elle. Elle a une vraie puissance d'expression".
Seulement deux noms au générique pour ce huis clos qui parle de notre société, des intérêts contradictoires des uns et des autres et de la violence des rapports humains. Un duo de femmes devant et derrière la caméra qu'on pourrait revoir bientôt à l'écran puisque elles travaillent aujourd'hui sur un nouveau projet.
Lucien de Clément Tréhin-Lalanne
Au départ il y a un petit garçon, une autorisation de sortie scolaire et un appartement bourgeois, porte vitrée et bibliothèque fournie. Et puis il y a la mère et une pièce, « L'important c'est d'aimer » de Andrzej Zulawski. La répétition peut commencer mais petit à petit l'interprétation laisse place à un jeu de plus en plus violent.
Entre théâtre et cinéma, le réalisateur revient sur les conditions du tournage, le travail des acteurs et ses projets à venir.
"C'est en allant voir un ami jouer au théâtre L'important c'est d'aimer que j'ai rencontré la comédienne. Je me suis demandé comment adapter cette scène en court métrage. Le tournage a duré deux jours. Il aurait pu être bouclé sur une journée, mais je voulais que les choses puissent se mettre en place. A la première prise le gamin était choqué, il lui a fallu un peu de temps pour arriver à jouer. Quand à la comédienne je trouvais qu'elle avait une présence vraiment physique.
J'ai présenté ce film à des amis comédiens. Ils ont eu du mal à comprendre que j'aie pu couper la scène originelle. Pour moi c'était un choix au départ, je voulais que l'émotion soit vraiment intense.
Je travaille actuellement sur les évacuations de mal logés, sur ces gamins qui font les interprètes entre leurs parents et la police et qui sont confrontés à la violence. C'est un projet qui représente un budget important, que j'essaye de monter depuis longtemps, avant Lucien. Avec la maison de production nous sommes en recherche de financement."
S'envelo de Arnaud Hemery
"Tous les enfants ont eu un vélo avec des petites roulettes pour ne pas tomber... Le seul cadeau que mon père m'aie fait, c'est une vieille selle " voilà commence le court métrage de Arnaud Hemery. Ne disons rien de plus de ces cinq minutes en noir et blanc, sinon l'origine du projet, un concours organisé par le Crous sur le thème du vélo, dont il obtint le 3è prix. Le film est esthétique, abouti et le discours professionnel : "Le noir et blanc a été une évidence à plusieurs niveaux. Pour camoufler un peu le décor d'abord. Si on supprime les couleurs on fait plus attention aux formes et puis on accroche plus à l'histoire. On est moins distrait".
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