Les Sept Mercenaires"Un western qui sent le sapin !"
Même ceux qui n'ont jamais vu le film reconnaîtront immédiatement le thème musical d'Elmer Bernstein. A l'occasion de la ressortie en copie neuve du célèbre western Les Sept Mercenaires, Jean-Baptiste Thoret, écrivain et critique de cinéma, évoque le tournage mouvementé d'une œuvre dont il avoue connaître chaque plan par cœur.
Chaînon manquant
"Ce n'est pas un film très estimé par la critique, mais un gros succès public qui ne s'est jamais démenti. Il est depuis des années au top 3 des films diffusés par la TV américaine.
1960, c'est la fin du grand western américain classique, Rio Bravo de Howard Hawks date de 1959... A ce moment, les studios s'effondrent, la télévision investit les foyers, le Nouvel Hollywood n'est pas encore né. Ce film, c'est en quelque sorte le chant du cygne du western US, un film qui « sent le sapin » ! Mais Les Sept Mercenaires sont aussi une préfiguration des westerns italiens de Sergio Leone. En quelque sorte le chaînon manquant entre western classique et western italien. Les personnages sont ambivalents, ils ont des états d'âme... Et en même temps, le style est minimaliste, chaque personnage est caractérisé par un attribut, comme le couteau de James Coburn, le côté brute au cœur tendre de Charles Bronson... Sur plus de 2 heures de film, Steve McQueen n'a que 75 répliques !
Rivalités d'acteurs
La plupart des acteurs, à part Yul Brynner, ne sont pas ou peu connus. Mais ce n'est pas un hasard si on les retrouvera pour beaucoup, comme Charles Bronson ou James Coburn, dans les westerns de Leone.
Tout le monde connaît l'histoire, les relations sur le tournage ont été difficiles. Chacun voulait voler la vedette aux autres, et surtout à Yul Brynner. C'est très drôle de repérer les artifices utilisés par Steve McQueen pour se faire remarquer. Il ôte son chapeau, s'en évente, clique de l'œil. Il a exaspéré Yul Brynner qui a fini par avoir une explication avec lui !
Viva Mexico !
Le tournage s'est fait au Mexique. Mais les mexicains ont un très mauvais souvenir de Vera Cruz de Robert Aldrich (1955). Car leurs compatriotes y apparaissaient comme des personnages odieux et dégénérés. C'est pourquoi une contrôleuse mexicaine a été dépêchée pour surveiller le tournage ! Elle a notamment fait changer le script qui prévoyait que les villageois partent chercher des Yankees pour les défendre. En fait, les mexicains devaient se battre seuls contre les hors-la-loi, et allaient justement chercher des armes quand ils rencontrent Yul Brynner qui leur propose ses services."
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