London NightsAlexis Dos Santos
"Certains dorment dans le même lit toute leur vie" London Nights explore la quête d'identité d'une jeunesse perdue dans les affres des nuits londoniennes. Axl est à Londres pour chercher son père qui l'a abandonné quand il était petit. Et l'aventure devient un vrai voyage existentiel. Recherche qui se fait principalement dans l'obscurité nocturne, quand tout est sombre, différent, excitant, tourbillon d'interrogations et de plaisirs. Et l'esthétique du film suit cette quête d'identité. Tel l'adolescent qui se cherche, le style de London Nights explore, découvre, expérimente, va au-delà de ses propres limites, dans le brouillard imagé des nuits londoniennes, dans les images jaunies d'un présent qui s'absente.
Et la recherche d'identité commence par l'autre, les autres. Une autre ville, une autre langue, une autre culture. Une Babel tourbillonnante. Ne pas dormir dans le même lit. Se réveiller chaque jour dans un lit différent avec des gens différents. Les rencontres, soudaines, magiques, étranges, nous en apprennent bien plus sur nous-mêmes que la stricte solitude. L'image de l'autre renvoie une image de soi. Et c'est parmi cette multitude de visages, dans ce squat sans nom, que chacun trouve sa place, son nid, son lit. On se perd ensemble pour mieux se retrouver soi-même. JE est un AUTRE. On s'invente une identité, un passé, un père, on se masque et se démasque, on se dévoile, on se confie, on prétend être celui que l'on n'est pas mais que l'on voudrait être. La quête identitaire est un labyrinthe qui se fait dans la jouissance. Jouissance que la caméra capte à merveille. La lumière floutée de la confusion nocturne, le stroboscope qui offre des instants de lucidité, courts, très courts, parsemés.
London Nights est un vrai kaléidoscope, dans sa forme et dans sa réflexion, offrant une métaphore filée de l'identité, métonymique et morcelée. L'esthétique du morcellement se prolonge tout au long du film. La métonymie envahit tout l'espace. Des objets, des images, des regards, séparés, divisés, qui peu à peu se lient et se délient. Et chacun tisse progressivement son fil d'Ariane, sa sortie du labyrinthe, ses choix. On sort de la vie rêvée, de la vie que l'on imagine, de la vie fantasmée pour se rapprocher de soi, de son identité, de sa réalité. On se découvre, mais surtout on se construit. On cesse de prendre les coïncidences pour des signes du destin, on déplace les meubles, on remet tout en place, metteurs en scène que nous sommes de notre propre vie, de notre propre existence. L'identité se construit. Et quand le morcellement cesse, que les choses prennent forme, on va au-delà, on les dépasse, on fuit les lignes droites pour aller vers l'arrondi. On se découvre, se redécouvre. Et l'on décide d'aller au-delà des apparences, de soi, des autres... de sauter. Unlock your heart...
London Nights est porteur d'un cinéma philosophique, prenant, profond, détonant. La quête est infinie, l'identité se prolonge, les je et les autres ne cessent de se mêler. Et dans l'oubli des différents êtres que l'on a été, les photos restent un souvenir, morcelé, de notre vie kaléidoscopique. On s'oublie et on se réinvente soi-même. La vie... encore et encore.... « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme... »
Anne Monier Jury de l'Avenir
|
 |
| Les critiques de l'Avenir 2009 | | | L’Autre Rive, par Julia Ménez | | | L'Autre Rive, par Laetitia Pelé | | | L'Autre Rive par Annaelle Simonet | | | Breathless par Clémence Valadier | | | Breathless, par Charles Monnet | | | Calimucho, par Robin Robles | | | La Dernière Saison, Shawaks par Julia Menez | | | La Dernière Saison : Shawaks, par Morgan Rosemberg | | | Helen, par Clémence Valladier | | | Helen, par Elodie Tamayo | | | Helen, par Annaëlle Simonet | | | London Nights, par Anne Monier | | | London Nights par Elodie Tamayo | | | La Nana, par Charles Monnet | | | La Nana par Elodie Tamayo | | | La Nana, par Morgan Rosemberg | | | Madame Butterfly, par Noë Bach | | | Puccini et la jeune fille, par Arnaud Hallet | | | Puccini et la jeune fille, par Noë Bach | | | Puccini et la jeune fille, par Anne Monier | | | Vegas : Based on a true Story, par Noé Bach | | | Vegas, Based on a True Story par Laetitia Pelé | | | Vegas : Based on a True Story par Anne Monier | | | Vegas : Based on a True Story par Robin Robles | | | Vegas : Based on a True Story, par Clémence Valadier | | | Vegas : Based on a True Story, par Elodie Tamayo | | | Sell Out ! Par Annaëlle Simonet | | | Sell Out! Par Charles Monnet | | | Zion et son frère, par Laetitia Pelé | | | Et là-bas quelle heure est-il ?, par Noé Bach |
|