Tsai Ming-liang et Joseph KuoSoirée kung-fu au Max Linder
Un invité d'honneur présenté par un invité non moins prestigieux. Le Max Linder accueille mardi 8 juillet un duo de réalisateurs virtuoses, venus partager leur passion des films d'arts martiaux. En forme d'hommage à son grand aîné, le cinéaste Tsai Ming-liang évoque des souvenirs d'enfance placés sous le signe du kung-fu. Action !
« En France, rappelle Tsai Ming-liang, on connaît surtout le cinéma taïwanais par Hou Hsiao-hsien, mais les français apprécient aussi les films de kung-fu. Je me souviens de mes promenades au Quartier Latin : on y programmait des films de kung-fu, et même aux Puces, je trouvais des affiches de ces films !
Le film que vous allez voir en première partie de soirée (The Swordsman of all Swordsmen) date de 1967. J'avais 10 ans. Quand j'étais enfant, les films d'arts martiaux étaient ma seule distraction. J'en ai bien vu 1000 ! C'est un cinéma qui correspond à une certains forme de littérature traditionnelle. Déjà dans les années 30, ces films existaient. Puis, suite à la révolution communiste, les studios de Shanghai se sont installés à Hong Kong ou à Taïwan, mais cette forme de cinéma a perduré.
Dans les années 60 ou 70, tout le monde produisait ce genre de films. Mais seuls quelques cinéastes proposaient un autre regard. Tous les deux ans environ, un film émergeait avec un regard novateur et avant-gardiste.
Il y a eu bien sûr King Hu, qui à cette époque a fait exploser le box-office. Puis arrive The Swordsman of all Swordsmen de Joseph Kuo qui remporte un énorme succès. Plus tard, Sorrowful to a Ghost fera encore plus fort !
En voyant ces différentes générations de réalisateurs, par exemple aussi Tsui Hark, je constate que les réalisateurs les plus talentueux sont issus d'un cinéma littéraire, d'une certaine tradition romanesque. C'est le cas du cinéma de Joseph Kuo, qui est très particulier et a nourri toute mon imagination durant mon enfance. Je lui laisse donc la parole. »
Au tour de Joseph Kuo de prendre le micro : « Merci ! Enfin, au bout de 50 ans, j'ai pu enfin découvrir Paris. De 1957 aux années 80, j'ai tourné plus de 50 films, en noir et blanc au début. J'ai commencé comme scénariste, je faisais des films très romantiques.
Mais le film qui m'a le plus marqué est L'Hirondelle d'or de King Hu (NB : programmé en 2004 à Paris Cinéma, voir la fiche). C'est lui qui a décidé de la suite de ma carrière.
Le film que vous allez voir ce soir (The Swordsman of all Swordsmen) est mon premier film d'arts martiaux, que j'ai réalisé après avoir renoncé à tout ce que j'avais fait auparavant. Ca remonte à bien loin, mais c'est comme si c'était hier ! J'espère que vous verrez ce film avec bonheur. Et en attendant... je vous remercie d'être là et... j'aime Paris !
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