Que peut-on faire dans un cinéma avec des percussions, des entonnoirs, des sandales, des clochettes, une crécelle, une guitare avec une baguette chinoise coincée entre les cordes, une bombonne d'eau et quelques micros ? C'est Jean-Carl Feldis qui vous donne la réponse en vous entraînant dans les coulisses du cinéma, alors silence, et... ACTION !
Le compositeur, interprète et musicien Jean-Carl Feldis s'adresse aux enfants confortablement installés dans les fauteuils du Studio des Ursulines : « Est-ce que vous savez ce que l'on va faire ? » Alors qu'un enfant lance « de la chimie ! », les autres répondent en chœur (ou presque) « on va faire le son d'un film ! ».
Jean-Carl explique alors dans un dialogue interactif avec les enfants qu'"au cinéma, nous entendons trois choses : les paroles, les bruitages et la musique". Il développe alors de manière pédagogique ce qu'est la synchronisation du son et de l'image en leur faisant faire quelques exercices : une fausse claque et un faux bisou, bruité par les autres enfants.
Après ces nombreux échanges ludiques où il pose des questions aux enfants, Jean-Carl projette le film muet qu'ils vont devoir bruiter. Il attribue ensuite un poste à chacun selon les envies des enfants... mais le problème c'est que les enfants souhaitent tous participer et veulent participer à tout ! Ils découvrent les différents instruments, parfois détournés de leur utilisation habituelle et discernent à quels moments ils doivent intervenir.
Avant de faire l'enregistrement, Jean-Carl Feldis explique : « C'est un travail qui repose sur l'écoute, chacun doit écouter l'autre. Il faut que tout le monde s'écoute attentivement pour pouvoir ajuster les niveaux de son. Si j'entends plus fort le son des chaussures que la voix de la femme, cela ne fonctionnera pas. Dans un studio, on fait du multipiste et on peut niveler les sons mais ici il n'y a qu'une piste, tous les sons sont enregistrés ensemble et puis il n'y a qu'une prise ! ».
Tout est prêt, les enfants sont concentrés et la lumière s'éteint. Jean-Carl enregistre le son puis lance le film. Chacun regarde avec attention le film et s'occupe de faire son propre son (un monstre, un bruit de respiration sous l'eau, des bulles, des bruits de pas, le bruit de l'éponge ou d'une barre en fer qui tombe par terre), de la musique (une musique angoissante) ou des dialogues (doubler des scientifiques qui se font attaquer !). Tout est orchestré de manière magistrale et silencieuse ! Une fois le film enregistré, notre chef d'orchestre rembobine le film et explique que ce n'est pas comme un DVD, qu'on est obligé de rembobiner ! Tous les enfants se réinstallent dans leurs fauteuils et découvrent alors le film avec la bande sonore qu'ils ont créée ! Des rires envahissent la salle, les enfants sont très heureux et satisfaits d'entendre leur création ; Jean-Carl les remercient : « Je suis content maintenant, j'ai du son sur mon film ! ». Après les applaudissements, Jean-Carl demande : « Alors, c'était facile ou difficile ? » et un enfant répond : « c'était un petit peu difficile mais c'était super bien ! »
Quelques minutes après, Jean-Carl Feldis explique : « Ce n'est pas toujours facile d'inventer les dialogues, mais les enfants s'en sont parfaitement tirés et l'exercice a été très réussi ! Le résultat n'est jamais garanti, ça m'arrive d'ailleurs d'avoir des problèmes techniques, on n'est pas à l'abri qu'une courroie pète, que la pellicule casse, et qu'il y ait une désynchronisation du son et de l'image vu que je travaille sur du vieux matériel. J'ai choisi, pour les enfants, un court métrage que j'ai acheté sur internet. Je ne savais pas quel allait être l'état du film. C'est du 8 mm, la dernière bobine d'un film dont je ne connais ni le nom, ni le réalisateur, ni la date. J'essaie encore aujourd'hui d'en trouver la provenance ! Je soupçonne qu'il ait été réalisé par des Asiatiques, sûrement des Japonais pour la représentation qui est faite du monstre.
J'ai choisi ce film qui dure 5 minutes (c'est plus long que ce que j'ai l'habitude de faire, ça demande plus de préparation, plus d'attention de la part des enfants) pour coller à la thématique du Festival Paris CinéMômes : l'écologie et la sauvegarde de la planète. J'ai donc imaginé une petite histoire qui aurait pu se dérouler avant cette bobine ; l'histoire d'une pollution de la mer du Nord, qui aurait fait surgir des profondeurs une étrange créature marine, une véritable menace pour la planète !