Entre expérimentation et fictionLa Vie lointaine de Sébastien Betbeder
Grand prix au dernier festival de Pantin, Prix d'interprétation pour Manuel Vallade, le personnage principal, La Vie lointaine est un court qui tient ses promesses ! Sébastien Betbeder, son réalisateur, est venu discuter de la genèse de son film avec les festivaliers de Paris Cinéma.
Quelle a été la genèse de votre film ?
Au départ, La Vie lointaine est une fiction radiophonique que j'ai présentée lors du festival d'Angers. A l'époque, elle était déjà lue par les acteurs qui jouent dans le film, comme Nathalie Boutefeu, Aurore Clément, Gen Shimaoka... C'est Radio France, partenaire sur le Festival d'Angers, qui m'avait commandé cette fiction. J'ai ensuite eu l'idée d'une adaptation pour le cinéma.
Y a-t-il une différence entre l'écriture d'une fiction pour la radio et une fiction pour le cinéma ?
Oui, ce sont deux écritures totalement différentes. C'est une écriture beaucoup plus littéraire pour la radio et une écriture scénaristique pour le cinéma. Le ton aussi est différent. Mais dans tous les cas, l'expérience radio est très enrichissante.
Est-il difficile de produire des courts métrages ?
Avec La Vie lointaine, même s'il fait 56 minutes, je n'ai eu aucun souci. Mais ce n'est pas mon premier film avec les Films du Worso et j'ai déjà réalisé deux courts métrages et un long. Je peux vraiment dire merci à Sylvie Pialat, la productrice, car elle m'a beaucoup facilité la tâche. Je voulais absolument tourner mon film sur pellicule et le transfert sur 35 mm coûte assez cher. Une bonne partie du budget est donc partie dans ce poste là, et comme nous avions peu de pellicule, nous devions faire une prise seulement par plan.
Pour le tournage dans le Limousin, nous avons eu aussi beaucoup de chance, car habituellement il y a 10 cm de la neige dans cette région. Pour le film, nous avons eu un très beau temps.
Comme nous devions limiter le nombre de prises, chaque comédien était très concentré. L'ambiance de travail avec l'équipe technique était très chaleureuse. Et la nature, l'environnement nous donnaient beaucoup de force.
D'où vous est venue l'idée de ce film un peu loufoque ?
Je suis un grand fan de la littérature et du cinéma japonais. J'ai une réelle attirance pour le Japon. J'avais des idées très précises, comme la voix-off au début du film, les moments contemplatifs, les ours slovènes... c'est un scénario où je ne m'interdis rien, j'avais juste envie de construire un film autour d'envies.
Pour mes influences, je suis très attiré par les films d'Ozu. Il y a aussi un peu de Dancing [de Pierre Trividic, Patrick Mario Bernard, Xavier Brillat] dans mon film [référence soufflée par une spectatrice], un mélange d'expérimentation et de fiction, avec tout un univers qui se construit au fur et à mesure de la narration.
Le montage du projet s'est-il bien passé ?
Oui, j'ai eu des aides financières du CNC, de France 2, de la région Limousin. J'ai maintenant un autre projet de court métrage avec les Films du Worso...
Nous n'en saurons pas plus, alors souhaitons lui bonne chance !
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