Danielle Arbid
 

Les événements 2007
Conférence de presse
Ouverture Officielle 2007
Liban mon amour
Les Films de l'Avenir
Christopher Doyle, la couleur des mots
Yasmin Ahmad, Mukhsin, un souvenir d'enfance fait film
Sandrine Bonnaire nous présente Sabine
Pierre Etaix : hommage au "clown timide"
Inoubliable Dominique Sanda
Robin Wright Penn, discrète mais directe
Monsieur Hire présenté par Patrice Leconte
Danielle Arbid, Seule avec la guerre
Waël Noureddine, voyage poétique et cinématographique au bout de l'horreur
Pierre-William Glenn : quand la lumière raconte l'histoire (The Offence)
 

Danielle Arbid, entre urgence et douleur 

Mardi 10 juillet 2007


"Liban, mon amour, ma douleur". A la Filmothèque Quartier Latin, Danielle Arbid est présente pour la projection de Seule avec la Guerre, documentaire choc, personnel et singulier sur la guerre civile qui a déchiré, 16 ans durant, le pays du cèdre. A l'issue du film, le public a pu échanger et débattre autour du film... Et le débat a été passionné.
 
Au Liban, Seule avec la Guerre n'a été diffusé qu'une fois sur la télévision et dans quelques festivals. Projeté en temps de paix, Danielle Arbid s'interroge sur les réactions qu'il a suscitées : "il y a des gens concernés, très émus et puis il y en a d'autres qui me traitent de provocatrice". Très touchée, elle a revu le film avec émotion : "c'est triste, parce que le film fait écho à ce qui se passe maintenant". Evoquant son travail de documentariste, elle fait le constat qu'elle a évolué vers un langage davantage artistique que documentariste : "Je n'ai plus la force de faire un film pareil, je suis passée à autre chose". Son dernier film Un Homme perdu est une fiction, qui ne parle pas de guerre mais de sexe, "c'est un parcours intime, qui recèle une autre forme de violence quelque part", qui sortira sur les écrans en septembre. Comme beaucoup de Libanais, elle explique que sa famille s'est divisée pendant la guerre civile, qu'elle n'a pas fait le deuil des événements, mais que faire ce film lui a fait du bien : "ça fait du bien, oui, de dire les choses de façon si personnelle, si objective. Je ne comprends pas la neutralité journalistique, pour moi, ça n'existe pas l'objectivité totale". "On ne tire jamais un trait sur la guerre quand on est libanais. Contrairement à l'occident, la guerre n'est pas une notion abstraite ou exotique chez nous. Au Liban, c'est insidieux, ça peut partir comme ça, entre les communautés". Elle poursuit : "je suis du côté des lâches. Je crois qu'il y a en nous tous une part de violence. Après, elle s'extériorise ou non".
Elle évoque ensuite les témoignages qu'elle a recueillis dans son film : "j'ai rencontré 50 miliciens, je n'en ai gardé que trois. C'était une relation de confiance : ils disaient absolument tout et de mon côté, je ne censurais rien". Elle parle plus particulièrement du dernier témoignage du film, un milicien obsédé par la guerre, incapable de vivre en paix : "Je voudrais bien le retrouver mais je sais que ça serait très dur". Elle dit notamment qu'il l'appelait nuit et jour et la plongeait avec lui dans sa souffrance et les horreurs commises. "Ca m'a pris deux ans pour m'en remettre. A force d'entendre ces gens me dire comment tuer des gens, je me voyais meurtrière moi aussi. Et je ne veux plus autant souffrir".

 

 

 

 

 

 



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