Leur expérience de juré du Pari de l'avenir
Le festival est terminé, les délibérations aussi... Les juré du Pari de l'Avenir on tranché... Et ensuite, que reste-t-il ? Bilans d'une expérience incomparable...
Paris Cinéma par l'oeil d'un juré du Pari de l'avenir
Paris Cinéma ou deux semaines de bonheur, mis sur l'orbite cinéma nous nous retrouvons plongés dans un bain que nous ne connaissions qu'a moitié pour la plupart. Se déplaçer soudain en meute de 13 jeunes cinéphiles la première journée d'ouverture fut l'occasion de s'appréhender, de s'apprécier.
Les personnalités toutes aussi différentes les unes que les autres qui s'emboîtes parfaitement créant immédiatement un sentiment d'unité entre nous. Tout nous rejoint, car la même envie nous anime, vivre cette expérience avec enthousiasme.
Les jours passent mais ne se ressembles pas, chaque film est différent et au fur et à mesure de la compétition ou simplement des oeuvres que nous voyons, les débats entre tous ces caractères deviennent de plus en plus vifs, chaque issue de séance est l'occasion pour boire un verre au bar et déblatérer sur l'oeuvre que nous venons de voir, certains jours les différences sont trop prononcées et jusqu'à une heure du matin nous essayons de convaincre notre interlocuteur avec succès parfois.
Nous le savons, nous sommes des privilégiés au sein d'un groupe qui se bat 300 jours par an pour créer un événement unique en son genre, nous sommes propulsés sur le devant de la scène avec de réelles responsabilités, décerner un prix qui pourrait influer sur l'avenir d'un film.
"Pas plus de 5 heures de sommeil par nuit". Une phrase qui résume le rythme effréné qui s'impose à nous, peu de temps pour manger, pour voir sa famille, peu de temps pour écrire sur chacun des films que nous voyons, car il est nécessaire tous les jours de poser son esprit empli d'images et d'avoir un vrai travail de réflexion sur ce que nous voyons.
Au bout d'une semaine nous comprenons que nous n'avons pas volé notre place, nous sommes à la hauteur de ce qu'on nous demande : "être le poumon du festival". Pendant les rencontres avec les réalisateurs, à la fin de leur présentation de film, notre frénésie et notre soif d'apprendre nous oblige à leur poser des milliers de questions, lors des réceptions auxquelles nous participons nous prenons en otages les faiseurs d'images pour en savoir plus sur le métier, au contact des professionnels, le rêve prend encore plus d'ampleur. Certain d'entre nous ont même eu la chance de rencontrer leur personnalité favorite du monde du cinéma, autour d'un verre ou au détour d'un couloir.
Un rêve qui ne peut malheureusement durer éternellement et les derniers jours sont certainement les plus difficiles.
Le Vendredi, jour de remise des prix, la délibération pour décerner " le pari de l'avenir" est une bataille acharnée qui nous opposent, chacun pour défendre son film favori, autour d'un festin que nous a offert l'équipe de Paris Cinéma nous avons trois heures et demies de lutte programmés coordonnées par deux médiatrices de choix.
Trois heures et demies plus tard, les chemises retroussées, le front plein de sueur, le lauréat est nommé. L'expérience a soudain un goût de fin.
La suite des événements est une suite de moments à l'allure de mélancolie, la fin de cette aventure est un déchirement pour tout le monde, ces 13 jours d'immersions totale dans le monde du cinéma sont une chance incroyable, un privilège hors du commun.
Le samedi l'organisation de Paris Cinéma nous offre une dernière discussion tous ensemble, responsables, bénévoles, jurés de l'avenir.
Nous avons vécu cette expérience comme une aventure et nous les remercions tous pour ce voyage inoubliable, entre émotion et regret nous entourons et serrons comme une grande famille notre coordinatrice dans nos bras, c'est elle qui nous a choisis pour ce périple et elle mérite notre reconnaissance.
La dernière ligne droite est parsemée d'instants qui resterons gravés dans ma mémoire, mais celui que je retiendrai est cette scène d'adieu introvertie, tous ensemble pour la dernières fois face à la Seine, nous nous amusons de nos plus grands fou rires et des instants les plus magiques. Nous ne sommes plus le juré de l'avenir mais nous sommes des amis désormais, l'expérience Paris Cinéma restera gravée comme un grand moment dans toutes les mémoires comme une traversée puissante et spectaculaire du monde du cinéma, nous entrons et ressortons touchés par la sensibilité humaine.
Merci à toute l'équipe Paris Cinéma...
Nicolas Miram M.R
Le pari de l'Avenir à Paris Cinéma
En tant qu'étudiante, j'ai pu participer au Jury Pari de l'Avenir. Ouvert à tous les étudiants, une candidature ainsi qu'une critique sont à envoyer pour une première sélection. Puis, un entretien détendu mais professionnel avec la responsable a lieu courant juin.
Avant d'être plongée dans le grand bain, un premier rendez-vous est fixé pour connaître les autres membres du jury et pour nous briefer. Nous avons tous des goûts bien précis et venons d'univers différents. Les débats risquent d'être vifs et enrichissants. Dernier petit mot sur le festival : le pari de l'Avenir a pour but de mettre en lumière un film d'auteur, sans ou avec distributeur, grâce à un prix équivalent à de la publicité.
Le 4 juillet 2007, le festival commence. C'est parti pour 13 films en compétition. De découvertes en découvertes, les films se suivent et ne se ressemblent pas. Un coup de chapeau est à adresser à l'équipe de programmation. Des perles de poésie made in Asie ( Mukhsin, Desert Dream) ou des documentaires dépaysants et émouvants (Les Chats de Mirikitani, Potosi, le temps du voyage) passant par des films audacieux (Juste Avant, Pêche Sportive), tous sont des réussites dans leur genre. Jusqu'à la délibération, le choix d'un film pour le prix de l'Avenir semble impossible.
Les journées sont organisées en fonction des films projetés. On essaye au maximum de voir les films ensemble et suivre les débats avec les réalisateurs, avantage incontestable. A l'issue du film, le cinéaste vient répondre aux questions des spectateurs. Ces propos sont non négligeables car ils offrent une autre approche de l'œuvre et comblent des détails passés inaperçus ou incompris. Les journées demandent une forme physique et des yeux toujours ouverts. Mais malgré la fatigue et le manque d'enthousiaste pour voir un énième film en fin de soirée, la cinéphilie reprend le dessus. Et le travail ne se fait pas que dans les salles obscures du MK2 bibliothèque, il faut aussi écrire des critiques, discuter, argumenter, débattre ensemble de chaque film....
Cette participation est unique et inoubliable ne fut pas forcément tous les jours facile.
Mais finalement, la seule chose que je retiens est le dynamisme, la sympathie et la passion des organisateurs et des autres membres du jury. Grâce à cette quinzaine, mon intention de travail critique et de découverte s'avère redoublée. En essayant de toujours faire mieux, l'envie de participer à d'autres festivals est plus que grande.
Bien sûr, l'édition prochaine peut compter sur moi, cette fois-ci en tant que spectateur.
Clémence Imbert, Membre du jury Pari de l'Avenir 2007
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