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>> Coup de projecteur : Peter Fonda
Photo :
David Kuraszewski.
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Vendredi 7 juillet
Soirée hommage Peter Fonda
L'acteur et réalisateur américain est à l'honneur et présente ce soir son premier film en tant que réalisateur L'Homme sans frontière, western atypique.
Veste de cuir, jean, lunettes de soleil et sourire éclatant. Peter Fonda est toujours un fringant jeune homme. Alors que le public l'ovationne après la projection de L'Homme sans frontière, le voilà qui se lance dans l'apologie de l'eau, « le deuxième carburant le plus important pour l'être humain, après l'oxygène. Je crois qu'à l'origine, on vient tous de l'eau. Souvenez-vous du ventre de votre mère, pratiquement que de l'eau ! ». Quand on lui demande ce qui l'a poussé à faire un tel western après le succès phénoménal d'Easy Rider, il répond simplement que ce script – qu'il a d'ailleurs lu pour la première fois à Paris, en pleine promotion d'Easy Rider – l'a beaucoup touché : « c'était western, oui, mais c'était avant tout un script fantastique ». Ce qu'il a aimé dans cette histoire, c'est l'absence des règles de base du western, notamment autour de la violence : « Je pense qu'il y a deux formes de violence au cinéma. Si, dans une rue, on a John Wayne d'un côté et Clint Eastwood, de l'autre, on s'attend à ce que ça chauffe, c'est de la violence attendue. Et puis, il y a la violence inattendue, et donc inacceptable. Dans L'Homme sans frontière, la violence qui surgit est inacceptable ». Sur la scène d'ouverture, mythique chez de nombreux cinéphiles, il livre cette analyse : « on passe du soleil à la rivière, puis on voit un jeune homme qui nage, qui reprend sa respiration et un pêcheur sur un rocher. Il y a les quatre éléments : le feu, l'eau, la terre et l'air. Et l'élément d'où, je pense, on vient tous, l'eau ». Puis, hilare, il rapporte cette anecdote : « Le jeune acteur, quand il est sorti de la rivière, est tombé sur le cul. Moi, j'ai hurlé de continuer à tourner et au final, cet accident est fantastique ! C'est ça la condition humaine : on sort de l'eau et on finit sur le cul ! » Puis Peter d'évoquer le rôle de la femme dans son film : « elle est l'axe central, même au début où on ne la voit pas. Je n'avais jamais lu de western où la femme était au centre de l'histoire, et j'ai été honoré d'être le premier à avoir ça, de pouvoir faire quelque chose d'inédit ». Concernant la distribution de ce rôle féminin, c'est Sylvia Miles (actrice qu'on a vue dans Macadam Cowboy et chez Paul Morrissey) qui lui soufflé le nom de Verna Bloom. Il s'est fait projeter un de ses films, Medium Cool (1969) et impressionné, l'a ensuite rencontrée à New York. « Elle était timide et elle m'a juste posé une question : est-ce que je vais devoir me mettre nue ? », et il ajoute, en plaisantant : « Je l'ai rassurée, je lui ai répondu que la seule personne nue dans les films de Peter Fonda, c'était Peter Fonda ». Enfin, il évoque son parcours personnel et sa culture cinématographique : « A 15 ans, je ne savais pas ce que je voulais faire. Mais j'étais cinéphile et je me souviens que lorsque j'ai vu ce film, La Femme des Sables, ça m'a fasciné ». D'ailleurs, , il a choisi de partager ce film japonais de Hiroshi Teshigahara avec le public de Paris Cinéma, dans le cadre de sa carte blanche : « C'est en voyant ce film que j'ai compris qu'un réalisateur pouvait faire passer des émotions, sans dialogue, juste à travers le jeu. Ce film a beaucoup influencé L'Homme sans frontière».
>> Coup de projecteur : Peter Fonda
Merci à Grégory Morin pour les illustrations ! laitaumiel@hotmail.fr
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