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Jean-Claude Brialy mercredi au Saint-André
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Jean-Claude Brialy : « Le Beau Serge, un film très tendre qui n'a pas vieilli »
Le comédien était présent mercredi soir au Saint-André-des-Arts à l'occasion du lancement de notre hommage à Claude Chabrol avec Le Beau Serge, premier long métrage du réalisateur. Souvenirs d'amitiés et de tournage pour un témoignage plein d'émotions et d'humour...
"C'est à Claude Chabrol que je dois ma carrière car il a toujours été convaincu que j'étais un bon acteur. A l'époque, les réalisateurs des Cahiers du cinéma, Truffaut, Chabrol, Rivette... m'avaient adopté, et fait découvrir la Cinémathèque française, Grémillon et beaucoup d'autres réalisateurs, ou encore Jules César à Arles, mis en scène par Jean Renoir devant 30 000 personnes. On se retrouvait au Café de la Comédie, place du Palais Royal, et on refaisait le monde. Chabrol amenait tous les jours une idée de sujet nouveau, il lisait trois polars par jour... Moi je fermais ma gueule, je n'étais qu'un acteur... J'ai joué avec eux dans plusieurs courts métrages, Le Coup du berger, de Jacques Rivette, avec Truffaut, ou Tous les garçons s'appellent Patrick de Godard Un jour, Chabrol est arrivé avec le sujet des Cousins, il m'a dit « Il y a un rôle pour toi ». Et sur la nappe en papier du café, il a griffonné un contrat « Moi, Claude Chabrol, plus grand réalisateur du monde, engage Jean-Claude Brialy, le plus grand comédien du monde », le tout naturellement sans préciser le montant de mon cachet ! Mais le film était trop cher, Chabrol a alors commencé par tourner Le Beau Serge. Je lui ai présenté un comédien extraordinaire, moderne, sensible, que j'avais admiré dans Voici le Temps des assassins de Duvivier, Gérard Blain. Ce dernier lui a ensuite présenté Bernadette Laffont, sa compagne. Philippe de Broca était l'assistant de Chabrol, une belle équipe ! Le 2 janvier 1957, nous sommes partis dans le petit village de la Creuse dont Chabrol est originaire. Nous habitions dans la maison de ses grands parents. 9 semaines de tournage par - 20° ! Chabrol n'avait quasiment jamais tourné, mais savait d'instinct où placer la caméra. Le Beau Serge est un film pur, intemporel, qui n'a pas vieilli. Gérard Blain était absolument magnifique, même s'il était complètement torturé et emmerdant ! Bernadette l'avait quitté pendant le film. Il venait pleurer tous les soirs dans mes bras, ça durait des heures. Et moi, jeunot de 20 ans, j'avais peur d'avoir des poches sous les yeux le lendemain ! Finalement on a fait un très beau film, qui a reçu le Prix Jean Vigo. Chabrol a ensuite réalisé Les Cousins, qui a été un triomphe et contribué au succès du Beau Serge."
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Merci à Grégory Morin pour les illustrations ! laitaumiel@hotmail.fr
© photo : Raphaël Breuil |