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Mercredi 5 juillet
Inferno, les cercles de l'enfer italien
Denis Lévy, maître de conférences à l'Université Paris 8 présente Les Trois Visages de la peur, réalisé par Mario Bava. Un manifeste incontournable du cinéma de genre italien.
Septième film de Mario Bava, Les Trois visages de la peur, comme son nom l'indique, se divise en trois parties. Denis Lévy nous explique que ce film donne en fait à réfléchir sur la peur et invite le spectateur à prendre de la distance pour penser la mort au cinéma. Le prologue, où Boris Karloff s'adresse directement aux spectateurs, est caractéristique d'une distance humouristique qu'aimait à manier le cinéaste italien.
Le film se compose donc de trois sketches. Denis Lévy nous apprend que le premier "Le Téléphone" est inspiré non pas d'une nouvelle de Maupassant - comme il est crédité au générique, mais d'une histoire de F.G. Snyder. "En apparence, ce segment est typique du film de genre horrifique italien, le giallo, que Bava avait fondé un an auparavant avec son film La Fille qui en savait trop", explique-t-il, "c'est un film policier mais il y a des éléments bizarres, des invraisemblances curieuses, surtout dans les décors, qui tirent l'histoire vers le fantastique".
Quand aux "Wurdalaks", le deuxième segment, Denis Lévy prévient qu'il est dans la droite lignée du fatanstique gothique. "Ce film de vampires, où tout se passe en famille, parle d'amour à l'intérieur de la famille, c'est très freudien et c'est ce qui donne une tonalité étrange à cette histoire", ajoute-t-il.
"La goutte d'eau", enfin, est, selon lui, "un film fantastique au sens strict, jouant sur les ambiguïtés entre normal et paranormal, rationnel et irrationnel".
Le tout forme une oeuvre majeure du cinéma de genre italien, où Bava pose les fondations du courant où Dario Argento et Pupi Avati s'illustreront par la suite.
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Merci à Grégory Morin pour les illustrations ! laitaumiel@hotmail.fr
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