Colloque : le cinéma numérique


Le cinéma numérique : une chance à saisir pour le cinéma européen ?

8 juillet 2004 à 17h – L'Arlequin

Intervenants :
Anibal José LAMY, Président de 7th-Kult, Portugal
Etienne OLLAGNIER, NovoCiné, France
Steve PERRIN, UK Film Council, UK
Kees RYNINKS, Président du réseau EuroDocuZone, Pays-Bas

Modératrice :
Claire DERVILLE, journaliste au Figaro


Claire Derville :
Lors de notre réunion de préparation, on se demandait si le cinéma numérique était une évolution ou bien une révolution ? Alors tout le monde n’était pas tout à fait d’accord là-dessus, il y en a certain qui plaide pour une transition en douceur, d’autres qui pensent que ça va arriver plus abruptement. En tout cas, on est tombé d’accord pour dire que ça changerait énormément de choses à tous les stades, en fait, de la chaîne industrielle du cinéma, ça va changer beaucoup pour les producteurs, pour les réalisateurs, pour les exploitants de salles. Il y a ceux qui s’inquiètent de cette mutation et ceux qui s’en réjouissent. Là, le point commun entre ces quatre intervenants, c’est qu’ils sont tous très enthousiastes au sujet de cette mutation. On va commencer cette table ronde par une petite projection en numérique et je passe la parole à Etienne Ollagnier.

Etienne Ollagnier :
Effectivement, avant que chacun d’entre nous se présente et les différents projets qui nous animent. On vous propose, pour ceux qui n’en n’ont jamais vu, simplement en guise d’introduction quelques extraits d’un documentaire qui s’appelle « Paris cité sauvage » et qui est produit par Télé images international et que Novociné distribue et a distribué le mois dernier dans la première salle que nous avons équipé en numérique, donc c’est vraiment à titre indicatif et pour introduire cette conférence, il s’agit donc d’un film qui a été tourné en HD, qui doit durer 4 ou 5 minutes.

Claire Derville :
J’espère que ça vous a plu, on va donc commencer avec Kees Ryninks, qui a été producteur de documentaires pendant plusieurs années et qui a possédé sa propre maison de production, il a remporté plusieurs prix internationaux et il y a 4 ans, on l’a nommé à la tête de la section documentaire du Dutch Film Fund. C’est dans ce cadre qu’il a initié il y a 2 ans un projet qui s’appelle DutchDocuZone et qui est destiné à promouvoir et le documentaire et le cinéma numérique en Hollande. Toutes les semaines, 10 cinémas en Hollande diffusent un documentaire en digital, c’est une première en Europe et fort de ce succès, il a eu l’idée d’adapter ce concept de DocuZone à l’échelle européenne. Huit pays, à l’heure actuelle ont intégré le réseau et ce n’est qu’un début. Je vais donc laisser Kees vous exposer sa démarche.

Kees Ryninks :
Merci à Paris Cinéma de m’avoir invité et merci à Paris Cinéma d’avoir organisé ce colloque.
Laissez moi d’abord vous réconforter, cette présentation ne va pas être à propos de détails techniques, de détails de business, d’affaire, de marketing.
Cette présentation va tourner autour de 4 axes, d’abord sur des nouvelles façons de distribuer, de programmer, de montrer des films pour les propriétaires des salles, ensuite l’utilisation de la technologie numérique pour créer un secteur réellement indépendant, ensuite pour essayer de transformer la faiblesse du cinéma européen en une nouvelle forme et j’insiste sur le fait que ça permet de distribuer des films qui ne sont pas des films commerciaux mais des films plus fragiles, donc de permettre une distribution de ces films qui sont beaucoup plus indépendants, fragiles et qui n’ont pas une possibilité d’être montrés et distribués dans les pays européens et enfin, l’introduction de la technologie numérique permet également une transformation du contenu et c’est une façon de mettre en avant une culture par rapport à d’autres cultures qui cherchent à nous envahir.
Ce sont des chiffres du DutchFilmFund : en fait, il y a eu une production annuellement, il y a une production de 15 documentaires par le DutchFilmFund, on s’est aperçu qu’il fallait gonfler en 35 mm ces documentaires et pour gonfler une seule copie, un seul documentaire, qui soit produit, pour permettre 10 documentaires qui soient distribués dans les salles, une seule copie à gonfler coûte 60 000 €, pour 10 documentaires qui sortiront dans les salles, il y a un coût total de 600 000 € et sur les trois années à venir, il y avait un coût total de 1,8 millions d’euros, c’est dix documentaires distribués par an. Les 600 000 € que coûtait le procédé technique donc de gonfler ces dix documentaires en 35 mm, coûtaient 600 000 € sur un budget de 2,1 millions.

Claire Derville :
Je me permets de vous interrompre, je ne sais pas si tout le monde est familier avec le concept de gonfler un film, est ce que vous pourriez simplement nous indiquer ce que ça veut dire.

Kees Ryninks :
En général les documentaires sont tournés en 16mm ou en digital Beta. Mais en fait comme peu de cinémas sont équipés à l’heure actuelle en projecteur de 16 mm, on est obligé de gonfler, ce que l’on appelle gonfler le 16mm en 35 mm pour permettre de le passer dans les cabines de projection des cinémas.
La question était de savoir quoi faire de cette économie de 1,8 millions d’euros qui a été calculé tout à l’heure sur les trois fois 600 000 €, la question était donc de savoir comment investir cette économie qui était réalisée. La proposition a été d’équiper gratuitement 10 salles de cinéma en projecteurs numériques et en magnétoscopes, en lecteur de DVD et à la condition que l’équipement soit rentabilisé avec une remontée de recettes de 6% sur les recettes des documentaires qui étaient présentés dans ces salles. En fait il s’est aperçu que en Hollande, aux Pays bas, on sortait 240 titres par an, de moins en moins de documentaires étaient présentés, c’est une façon d’inciter à la présentation des documentaires dans les salles.
Pour la stratégie qui était mise en place, qui permettait de sortir, de présenter un documentaire chaque semaine et de le sortir dans 10 cinémas à la fois, ça permettait effectivement d’avoir une stratégie marketing beaucoup plus efficace, beaucoup plus performante, ça permettait également aux journaux de parler de la sorties de ces documentaires et donc de faire toute une publicité autour de ces documentaires. Le processus a été mis en place en 2002 et en 2003, cela correspondait à une sortie d’un documentaire toutes les deux semaines.
Voici les résultats pour 2002 : 34 documentaires ont été distribués dans les salles au lieu de 10 auparavant, les années précédentes. Bien sûr il y a une couverture de presse sur ces sorties beaucoup plus importante et le DutchFilmFund avait espéré ou avait évalué donc 20 000 spectateurs pour ces documentaires, en fait les spectateurs ont été au nombre de 36 000 pour l’année 2002. Pour vous donner une idée, la population en France est de 60 000 millions et aux pays bas est de 15 millions. Pour les résultats de 2003, ils ont été un peu moins bons : 24 titres ont été sortis et 13 400 spectateurs, cela dépend aussi de la qualité des documentaires qui sont présentés.
Donc voici les avantages de la distribution en numérique : il y a deux sortes de cinéma, d’équipements cinéma aux Pays Bas : la qualification D qui veut dire Digital, vraiment le standard le plus haut de l’équipement numérique et autrement la qualification E, qui veut dire électronique, qui est la catégorie un peu inférieure d’équipement numérique. Donc bien sûr la distribution, les avantages sont que l’on peut envisager une distribution au niveau national voire européen, c’est le cas pour le EuroDocuZone avec simplement le prix équivalent au tirage actuel de 3 ou 4 copies. On peut également dire que la qualité numérique, la haute qualité numérique, c'est-à-dire HD, est bien meilleur pour des films que l’on qualifie de spécialisés, donc en particulier le documentaire qui est jusqu’à présent tourné en 16mm ou présenté en 16mm et qui n’avait pas du tout cette possibilité d’avoir une qualité excellente comme le propose la distribution numérique. Bien sûr, il y a aussi des nouvelles possibilités pour atteindre des nouveaux groupes de spectateurs, un nouveau public et donc également élargir la stratégie marketing de la sortie de ces films et bien sûr il n’y a pas de coût supplémentaire pour tous les futurs films qui vont être tournés en digital, numérique et qui vont être distribués en numérique et il y en aura de plus en plus.
Le concept de DocuZone au niveau européen est bien sûr d’élargir le concept de ce qui a été fait aux Pays bas pour tous les pays de l’Europe. Et bien sûr le but, c’est qu’il y ait un échange et un réseau entre les pays européens qui concernent le documentaire et ensuite d’élargir ce réseau pour tout ce qui concerne encore une fois les films spécialisés, c'est-à-dire aussi bien le documentaire que les films d’animation, les films à petits budgets, les films indépendants, ce que l’on appelle les films d’auteur, en tout cas qui ont peu d’argent, qui sont peu commerciaux, qui ne sont pas produits par des studios. Le moyen c’est bien sûr de mettre en place un DocuZone dans chaque pays d’Europe et d’utiliser une transmission par satellite pour pouvoir diffuser ces films au niveau européen. Egalement, une diffusion au niveau domestique, au niveau national, là par satellite et avec un serveur qui reçoit donc le fichier numérique mais au niveau national, cela peut être très bien également par disque dur ou avec des fichiers sur disques, qui sont transmis directement aux exploitants.
Ce projet de DocuZone européen débutera le 12 novembre, il y aura une sortie d’un documentaire par mois au niveau européen, la motivation, c’est bien de doper le documentaire et doper la distribution à un niveau européen. Et le groupe avec lequel la réflexion est menée contient aussi bien des distributeurs, des producteurs, que des exploitants. Bien sûr c’est un échange des firmes au niveau européen, c’est aussi la possibilité de faire en sorte que le réalisateur du documentaire présente et réponde aux questions dans les salles en même temps à un niveau européen, c'est-à-dire qu’il y est qu’une seule projection et par satellite, qu’il y ait une possibilité d’échanger et de répondre aux questions, c’est des échanges entre festivals, c’est aussi de développer une stratégie marketing dans tous les pays européens à la fois qui participent à DocuZone, c’est des stratégies individuelles et étendues au niveau européen dans plusieurs pays.
J’insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas simplement de distribution mais de mettre en place ce réseau qui permet également de favoriser la mise en place peut être de coproductions internationales, au niveau de la production, c'est-à-dire par la distribution de documentaires dans plusieurs pays européens, de sensibiliser les producteurs pour mettre de l’argent dans ces projets. Aux pays bas actuellement, l’argent qui est susceptible d’être mis dans les projets de films est de plus en plus rares et donc les montages financiers de films sont de plus en plus difficiles.
Des spécificités un peu plus techniques pour la mise en place du dispositif, comme on vous l’avait dit, il s’agit de qualité numérique de haut niveau, HD, plus de 200 cinémas seront équipés. Au niveau des projecteurs, il y aura des différences parce que cela dépend de la taille des salles. Bien sûr il faut s’adapter à la taille des salles mais autrement la diffusion par satellite et l’équipement lui-même sont le même pour tous les pays. La diffusion se fait par satellite et il y aura un centre en Allemagne qui permettra cette diffusion par satellite, il y aura une possibilité ensuite de développer ce genre d’installations peut être dans des pays africains.
On insiste beaucoup sur le fait que tous les distributeurs, les exploitants qui voudront utiliser cette technique seront les bienvenus et le demanderont et c’est ouvert à toutes les demandes.
Il y a actuellement une expérience qui est menée, c'est-à-dire de centraliser une recherche, pour connaître le type de public qui s’intéresse dans chaque pays au documentaire et savoir quelle est la fréquentation, quel est le public que l’on est amené à satisfaire dans cette expérience. Pour l’instant cette recherche est centralisée par un organisme qui s’appelle DocSpace en Ecosse et dans les trois ans à venir, chaque pays va participer à cette recherche pour pouvoir savoir quel est le public qui est intéressé par le documentaire et pour pouvoir développer EuroDocuZone. Egalement, il y a aux pays bas une base de données pour les archives des films numérisés. Chaque exploitant a la possibilité d’aller choisir un film dans cette base d’archives et de le diffuser donc dans sa salle.
Voilà la carte de la situation actuelle avec tous les systèmes qui ont été installés, la seule différence, c’est que l’Ecosse en fait n’est pas toute seule maintenant, c’est la Grande-Bretagne en entier qui est équipée et donc l’écosse, la Grande-Bretagne, la Belgique et l’Allemagne, la Suisse qui ne fait pas partie de l’Union européenne mais qui participe au programme, l’Autriche, la Slovaquie, le Portugal et l’Espagne.
Donc voici la répartition pour le financement de l’équipement : il y a une grosse partie qui est financée par le programme MEDIA plus de la commission européenne, cela représente à peu près 25% de l’équipement et 40% par des fonds publics au niveau national et les 5% restant par des remontées de recettes sur les programmes et sur l’utilisation des projecteurs.
Voilà deux exemples de distribution, d’exploitation de films documentaires en Allemagne où la spécificité est qu’il y a un coût qui est supporté par l’exploitant mais qui en fait est de 6 euros par heure et qui est reporté ensuite sur le distributeur. Tout n’est pas pris en charge par l’exploitant lui-même mais par le distributeur. En Grande-Bretagne, il y a une spécificité un peu particulière dans la mesure où il y a des présentations thématiques, donc c’est 5 films qui ont un même thème et qui sont présentés pendant une saison et à ce moment là, le deal entre l’exploitant et le distributeur, est le deal habituel, c'est-à-dire que l’exploitant et le distributeur sont rémunérés à 50% des recettes de la salle.
Là simplement pour le calendrier, on est encore en train de faire des essais en Allemagne, au Portugal, aux Pays bas jusqu’à la fin du mois de juillet et ensuite il est prévu l’ouverture de l’expérience du 12 novembre dans les 8 pays qui ont été cités précédemment et dans ces 8 pays sera montré un documentaire.
Là vous avez simplement les noms des partenaires de cette expérience dans les différents pays qui ont été mentionnés, Kinépolis est en discussion actuellement pour diffuser ce programme ou pour faire partie de l’expérience en Belgique et comme vous avez pu le remarquer dans la carte de l’Europe de tout à l’heure, il y a un grand blanc au milieu de l’Europe et ça correspond à la France, c’est un bon espoir que l’on arrive à une décision et éventuellement que ce soit Novociné qui permette de faire en sorte que la France participe à cette expérience.

Claire Derville :
Merci beaucoup Kees. Alors on va passer la parole maintenant à Steve Perrin, qui nous vient de Grande-Bretagne, alors Steve a travaillé 25 ans dans l’industrie du cinéma, il a touché à tous les genres, les grosses productions américaines, les gros blockbusters, mais aussi les petits films d’auteur, les documentaires, les low budget films. En l’occurrence, ce sont ces films là qui sont devenus aujourd’hui son cheval de bataille. On peut être anglo-saxon et être un croisé de la diversité. Il a aujourd’hui intégré le UK Film Council, qui est l’équivalent du CNC en France et au sein de cet organisme, il travaille installer 250 salles équipés en numérique en Grande-Bretagne. Pour Steve, la digitalisation a un but, c’est permettre de donner plus de lisibilité à tous les contenus. Il va nous expliquer ce qu’il fait, pourquoi il le fait, avec quels moyens et quels objectifs.

Steve Perrin :
Je ne veux pas parler de l’aspect technique comme tout à l’heure on l’a déjà dit, je veux surtout parler et me concentrer sur l’aspect stratégique, surtout sur l’utilisation du numérique pour un développement social, culturel et la recherche de nouveaux publics.
Ne soyez pas effrayé par tous les chiffres qui apparaissent sur l’écran, ce que je veux vous dire, c’est ce que nous essayons de faire actuellement en Grande-Bretagne, nous essayons d’équiper avec le meilleur équipement numérique possible, 250 écrans.
Nous voulons travailler avec toutes les sortes de cinéma, c'est-à-dire aussi bien les multiplexes que ce qui correspond chez nous au cinéma Art et Essai, qu’ils appartiennent à des indépendants ou qu’ils soient subventionnés par des fonds publics.
Notre apport principal sera surtout de fournir à ces salles des programmes additionnels et spécialisés, pour lequel ils prennent l’engagement d’une diffusion dans leurs salles.
Ce que nous essayons de faire, c’est d’augmenter la diversité des programmes présentés dans les salles de Grande-Bretagne, à travers la présentation de films que nous appelons spécialisés, si l’on veut chercher une définition de spécialisés, on dira que ce n’est pas les grands succès ou les films hollywoodiens et les films trop commerciaux.
Ce que nous essayons de faire surtout, notre but est d’unifier et de rendre égal l’accès aux films à travers tout le pays, comme dans la plupart des pays européens, comme en France ou en Grande-Bretagne, on pense que l’accès, il y a une inégalité dans la possibilité d’avoir accès aux films. A Paris et à Londres, on peut voir à peu près tous les films que l’on veut mais ce n’est pas la même chose dans les autres parties du pays et donc un des buts de notre expérience est d’égaliser cet accès aux films, à tous les films possibles.
Ce que l’on peut dire, c’est qu’en fait c’est un cercle vicieux, le coût très élevé des copies fait que les films spécialisés n’ont pas la possibilité d’être diffusé, d’avoir beaucoup de copies donc le marché, en fait, pour ces films spécialisés n’est pas bon et donc du coup on ne peut pas tirer des copies donc c’est un cercle vicieux.
Nous pensons donc qu’il y a plusieurs avantages à la diffusion en numérique, la distribution en numérique des films, l’un des premiers fait référence à ce que l’on a dit auparavant, c’est la diminution du coût des tirages des copies bien sûr, donc cela permet qu’il y est plus d’écrans qui présentent ces films là à un coût équivalent, l’argent n’a pas besoin d’être investi dans le tirage des copies et également, quelque chose qui n’est pas encore en place mais qui est un désir de notre part et un but vers lequel on tend, c’est de rendre une programmation beaucoup plus souple, beaucoup plus flexible entre les distributeurs et les exploitants, c'est-à-dire de pouvoir présenter un film pendant deux ou trois jours, et si il répond à la demande du public de le mettre dans une autre salle, si ça marche, le remettre dans la salle principale, des choses comme ça, qu’il y est une programmation donc, un calendrier de programmation beaucoup plus souple pour les distributeurs et les exploitants.
Egalement, sur un aspect beaucoup plus commercial, on peut se dire que si il y a plus de cinémas qui présentent ces films là, bien entendu le distributeur peut récupérer beaucoup plus rapidement les coûts engagés dans la publicité et la sortie du film et également l’exploitant peut proposer un éventail beaucoup plus large de films à son public.
Je voudrais parler surtout des avantages du côté des exploitants, bien entendu, comme je l’ai déjà dit, il y a une proposition beaucoup plus large, plus étendue sur le nombre de films qui peuvent être présentés par les exploitants, il y a également cette approche beaucoup plus souple, pour la programmation, entre les distributeurs et les exploitants et je veux parler également des films du patrimoine, le BFI, en Angleterre, a une collection, qui est certainement une des plus importantes au monde et le fait de pouvoir faire une présentation en numérique de ces films leur permet donc de trouver leur public ou permet de les montrer au public.
Bien entendu, s’il on veut parler également de la fréquentation du public, ou du public, on peut dire que cette présentation en numérique permet d’avoir un éventail beaucoup plus étendu, des publics différents, pas simplement des adolescents mais des publics de tous âges.
Comme je l’ai dit tout à l’heure, bien sûr, il y a une incidence sur le prix des copies, ce n’est plus le cas, il n’est plus question maintenant avec cette diffusion en numérique, de l’exploitation en numérique, il n’est plus question de payer 15 000 € par copies, donc il y a une possibilité de diffuser, de sortir le film beaucoup plus largement, en conséquence, les médias peuvent parler beaucoup plus de ces films qui sont des films marginaux et ces films marginaux ont la possibilité d’être diffusés et on a également la possibilité d’investir en marketing et en publicité sur la sorties de ces films beaucoup plus largement.
Comme je l’ai dit tout à l’heure, c’est vraiment une expérience pour le public , pour les publics, les publics pourront trouver un éventail beaucoup plus large de films qui leur sera proposé, ceci n’est bien sûr pas à voir à court terme mais à beaucoup plus long terme et dans les choix également qui seront faits par les publics, le fait qu’ils aient un éventail beaucoup plus large qui leur soit proposé les incitera peut être à devenir beaucoup plus audacieux, beaucoup plus aventureux dans les choix de leurs films.
Cela se posera surtout, aura une conséquence très bénéfique sur les publics et les personnes qui vivent dans des zones défavorisées au point de vue cinématographique, c'est-à-dire où il n’y a pas beaucoup d’écrans, même dans des zones où il y a un multiplexe en général, le multiplexe a peut être dix salles mais il présente uniquement quatre films : Le seigneur des anneaux, Harry Potter et Matrix 1, 2 et 3.
On va passer un peu plus vite…
Les écrans que l’on a passé étaient destinés beaucoup plus à des industriels et dons on avait peur de vous ennuyer avec ça, ce que je voulais dire, c’est que pour l’instant, la structure qui a été mise en place, c’est un consortium avec des différents industriels concernés par l’industrie cinématographique.
Nous avons un concurrent qui essaie de développer un procédé concurrent et que l’on cherche à associer à notre projet pour travailler ensemble, nous commencerons à travailler sur ce projet en fin 2004 et si on a de la chance, cela sera mis en place à la fin de l’année 2005.
Avant de terminer, ce que je voudrais souligner, c’est comme vous l’avez compris, ce n’est pas du tout une stratégie technologique que nous cherchons à mettre en place, notre but majeur est d’améliorer le choix, les choix des publics, comme vous avez pu le constater également et peut être que cela fera l’objet de quelques questions à la fin de ce colloque, nous sommes tous des personnes qui viennent du secteur indépendant ou qui travaillons dans le secteur indépendant et qui cherchons à mettre en place cette expérience et ces procédés, ce n’est pas des personnes d’Hollywood, Hollywood n’est pas impliqué dans ce procédé de réflexion et de mise en place et donc nous espérons que cela ouvrira une fenêtre sur ce que nous essayons de faire et pour l’instant, donc encore une fois, des personnes qui sont dans le secteur, le domaine indépendant du cinéma.
Je vous remercie pour votre gentille attention.

Claire Derville :
Merci beaucoup Steve. Notre troisième intervenant est Anibal Lamy, Anibal est portugais et il est basé à Lisbonne, sa particularité à lui, c’est qu’il ne vient pas du monde du cinéma, à l’origine c’est un industriel, passionné de cinéma et il a réunit ses fonds propres pour monter une société qui s’appelle 7th Kult et qui vise deux objectifs : le premier, c’est de favoriser, d’aider les producteurs à créer du contenu numérique et le deuxième, c’est d’accélérer leur diffusion. Il va vous expliquer ce qu’il fait.

Anibal Lamy :
Je vais vous parler d’un projet qui est bien complexe. C’est un projet qui n’est pas financé par des fonds publics donc c’est un projet majoritairement privé, et je vais commencer par le plus simple : la présentation du festival de films à Lisbonne et après, on rendra la chose un peu plus complexe. Pas tout ce que je vais dire sera écrit sur l’écran, parce qu’il y a encore beaucoup d’informations qui sont confidentiels. Donc on va commencer par l’idée du digital cinéma film festival à Lisbonne.
Ce festival a trois buts : il va commencer en 2005 avec les autres grands festivals qui ont lieu à Lisbonne. C'est-à-dire, par exemple, le festival indépendant, le festival documentaire, le festival Gay et Lesbien, c’est un festival généraliste et là il y a rien de nouveau.

Claire Derville :
Simplement pour resituer, je n’ai pas mentionné dans le lancement de votre intervention, que vous allez participer en fait, que votre société s’associe aux festivals de la ville de Lisbonne.

Anibal Lamy :
Il faut corriger parce qu’en fait ce n’est pas le festival de la ville de Lisbonne, c’est un festival qui aura lieu à Lisbonne en 2005 et on s’attend qu’il est lieu à Lisbonne les années suivantes parce que les festivals à base commerciale, ils peuvent sauter de villes. Ce festival généraliste ira se pencher sur tous les genres du cinéma qui sont présentés : la fiction, le documentaire, l’animation, etc.
Durant 2005 et 2006, ce festival acceptera des films non digital mais aussi des films digital mais pas après.
Finalement, ce n’est pas nouveau. Le deuxième but du festival, c’est bien la création d’un mécanisme pour financer des projets de films à la différence des festivals comme Paris, ce n’est pas un marché où les gens vont se rencontrer pour discuter s’ils vont financer ce projet ou pas. C’est une solution différente. Le mécanisme de financement sera ouvert toute l’année, probablement, il ouvrira encore en 2004.
Tous les films seront les bienvenus en accord avec les règles publiés. Tous les films qui seront financés par ce mécanisme de financement seront bien sûr en avant première dans ce festival ou bien dans les festivals partenaires. Ces festivals partenaires pourront avoir lieu en Europe.
La production des films qui sont financés par ce mécanisme suivra des règles écrites par le règlement du fond.
Ici, je vais ouvrir une parenthèse : ce festival est la conclusion d’un processus un peu plus complexe : aujourd’hui je dirais qu’on a les pieds sur le stage : un pied sur EuroDocuZone et un autre pied, sur un autre processus plus commercial de digitalisation des cinémas. On est arrivé à la conclusion, et là je rejoins mes collègues, que le digital présente une opportunité importante à exploiter pour créer une chaîne de production de films européens. Quand je parle de production de films en Europe, je ne dis pas que c’est seulement des films européens produits en Europe, on pourrait appeler le système de financement du festival : studio, c’est la suggestion de mon collègue Kees Ryninks : « appelle pas ça un festival, appelle ça un studio », l’idée c’est de financer pour être réalisés en Europe des films de quelque part dans le monde.
Le troisième but du festival, c’est bien le digital : tous les projets de films qui seront financés seront digital, numérique. Le numérique est aussi un requis pour les partenariats, qui assureront soit le travail de studio soit de post production, équipement et service.
Aussi, pour toute formation associée au festival, à travers des workshops ou des cours plus longs. Je dois aussi vous décrire un peu plus tard quel est le rôle de la formation, à la préparation de ce travail.
Et aussi, bien sûr, pour tout le business, pour tous les rapports business associés avec le festival, aussi le numérique sera une exigence. Là, c’est la partie la plus complexe, je vais essayer de vous décrire ce que vous voyez sur l’écran. Pour l’instant, je travaille pour le centre technologique de Tavira, c’est une ville au sud du Portugal où on essaie de créer tout un réseau technologique, lié à la production du cinéma digital, bien sûr, ce n’est pas un centre technologique propriétaire, il fait partie d’un réseau et ce réseau se distribue sur toute l’Europe. Mais le centre technologique de Tavira, à présent, représente des investissements qui se réfléchiront sur le festival international du film de Lisbonne dont je vous parlais tout à l’heure. L’idée, c’est de créer un centre lié à d’autres centres en Europe et tous les films qui seront financées par ce mécanisme de financement des films numériques auront à être filmés et produits avec les studios ou les installations associées. Bien sûr, l’argent tournera en rond, c’est un cycle financier. On finance les projets de films et les films qui seront tous des films spécialisés, dont on parlait tout à l’heure. Ces projets de films auront à être faits sur des installations associées, donc on ira créer des valeurs sur ces installations et là, on retournera peu à peu à la production filmique et au mécanisme de financement.
L’idée du festival de Lisbonne, j’espère qu’il continuera à Lisbonne après 2007 parce que ce n’est pas un festival de la ville, c’est un festival qui est capitalisé par des fonds qui ne sont pas tous européens, donc projet dont je vous parle n’est pas un projet portugais, c’est un projet plus qu’européen parce qu’il y a aussi de l’argent américain et aussi d’autres coins du monde. Il se dirige tout à fait à capter de la production de films à 1 million d’euros, donc des films spécialisés pour être faits dans un réseau européen. Ce n’est pas seulement une question technologique, c’est une philosophie qui est en dehors de tout ce projet parce que l’on croit que le digital ouvrira des opportunités à de jeunes directeurs, qui actuellement voient leurs projets refusés par des studios existants, producteurs existants. Ce qu’on veut, c’est bien ouvrir une porte avec le digital, pour diminuer les coûts de production, capter une partie des fonds européens, qui actuellement est dévié pour financer Hollywood. Un peu plus de la moitié de l’argent utilisé pour financer la production filmique américaine, c’est européen, nous sommes les plus grands investisseurs d’Hollywood.
Notre idée est de capter une partie de cet argent pour une production européenne continue. Le fonds ouvrira avec 100 millions d’euros, 2004 et début 2005 et l’on s’attend à ce que ça augmente peu à peu.
Bien sûr, l’idée est de créer un réseau sur toute l’Europe n’est pas seulement un désir de producteur ni de studio mais bien de cinéma. Et là European Docu Zone fait tout ça pour nous, de la même façon que la digitalisation d’autres cinémas, dans toute l’Europe fait aussi tout ça pour nous. Alors, à présent, mes collègues ont parlé de deux approches à la digitalisation des cinémas et en même temps, je vous parle d’une autre approche qui n’est pas financée par les médias ou par le UK Film Council mais qui est une approche commercial de digitalisation des cinémas en Europe, ces cinémas seront certainement liés à ce projet d’une façon dont je ne peux pas vous parler à présent mais bien sûr ils assureront que les films produits du festival seront exhibés et montrés aux gens.

Claire Derville :
Merci beaucoup Anibal. Donc notre dernier intervenant, c’est Etienne Ollagnier qui est le directeur général de Novociné. Novociné est une structure privée, française, créée il y a 3 ans.

Etienne Ollagnier :
Comme on l’a dit en fait, Novociné s’intéresse depuis sa création, depuis 3 ans, à l’intégralité de la chaîne du cinéma : la production, la distribution et l’exploitation qui évidemment, tous ces maillons vont être impactés de manière importante par le passage au numérique. Le fondateur de Novociné Boudjemma Nahmane, venant du monde la production, a été très intéressé très tôt par les différents aspects et les différentes modifications que le numérique pouvait apporter dans la production. On sait aujourd’hui que beaucoup de films sont tournés en numérique et que la plupart des films qui sont tournés en 35 mm sont post produits en numérique donc ont un master numérique, de la même manière, nous avons souhaité nous intéresser à l’impact du numérique dans les salles de cinéma et donc à la diffusion, ce qui nous a amené au cours de ces années à travailler avec un certain nombre de producteurs, de distributeurs et d’exploitants et de réfléchir à cette évolution. Aujourd’hui, en particulier, nous menons une étude auprès d’une centaine d’exploitants, avec lesquels nous réfléchissons à cet impact et aux différents contenus et usages qui pourront être diffusés dans les salles de cinéma à court terme.
On se rend compte et c’est ce qui nous amène sur le thème de la distribution en numérique, on se rend compte, évidemment il y a plusieurs typologies d’exploitants en France, on se rend compte d’une manière générale que dans beaucoup de salles, il y a des horaires qui correspondent à des taux de fréquentation différents : les salles sont en général pleines le soir, pleines certains jours et puis il arrive que dans certaines salles, certains horaires accueillent moins de public, notamment l’après midi, notamment en matinée. On s’est intéressés avec ces exploitants aux contenus et aux usages qui pourrait permettre d’augmenter les taux de fréquentation, de faire venir des publics qui ne viennent pas forcément, de manière traditionnelle dans les salles et on en a identifié aujourd’hui de manière assez précise deux : deux typologies de publics, les scolaires qui peuvent être très intéressés par la salle de cinéma et pour lesquels certains films et là on pense notamment au documentaire ou aux films éducatifs qui peuvent être extrêmement intéressant, et puis également les seniors, qui ont du temps pour venir dans les salles de cinéma l’après midi et qui n’ont pas forcément aujourd’hui, en tout cas dans certaines salles, les contenus qui leur correspondent. Donc, en travaillant sur ces différents aspects, on a essayé de construire une offre qui réponde à deux objectifs : d’abord un objectif de contenu qui s’adapte à certaines salles et à certains publics et puis évidemment des objectifs technologiques parce que qui dit diffusion en numérique dit modification de la projection, donc impact fort sur la salle.
Depuis à peu près deux ans, on a mené tout d’abord un certain nombre de tests dans des salles de cinéma pour choisir des matériels, alors l’objet de cette conférence, ce n’est pas de parler des matériels mais sachez simplement : il est évident qu’il faut prendre en compte un certain nombre de standards, de normes et puis également prendre en compte un certain nombre de paramètres dans les salles de cinéma, ce n’est pas tout à fait la même choses quand on parle d’un écran de 20 mètres ou d’un écran de 5 mètres. Les technologies choisies peuvent être un peu différentes selon les cas évidemment.
Nous avons par ailleurs, mené un certain nombre de discussion avec des sociétés d’auteurs, qui dit projection en numérique, dit non pas nouveaux médias mais nouvelles manières de diffuser les films et en particulier, lorsque l’on regarde un peu les contrats qu’on passé les distributeurs aujourd’hui avec certains producteurs, et même les contrats inexistants sur certains dossiers, pleins de films ou documentaires en l’occurrence qui sont produits par des producteurs qui n’espéraient pas jusqu’à maintenant les diffuser en salles de cinéma donc un certains nombre de droits, aussi bien musicaux, que sur les images, les archives, etc. qui nous a fallu négocier avec les organismes de tutelles comme la SACEM, la SACD, la SCAM, l’INA pour permettre la diffusion de ces œuvres en salle de cinéma. Par ailleurs, nous avons développé un large catalogue qui a vocation à s’étendre, de films en numérique ? Aujourd’hui, ce catalogue contient essentiellement des documentaires, des films pour enfants, des courts métrages et nous souhaitons l’étendre dans le temps aussi bien pour la France que pour des contenus européens qui peuvent intéresser les français ou bien des contenus français qui peuvent intéresser les différents projets européens qui ont été présentés.
Enfin, on a travaillé également sur un certain nombre d’applications nécessaires à la projection en numérique, pour le développement propre et dans le cadre de ces développements, nous avons été soutenus par le Ministère de la Recherche dans le cadre d’un réseau qui s’appelle le RIAM. Nous travaillons sur un certain nombre d’applications qui faciliteront la vie des opérateurs et des exploitants pour l’usage du numérique, notamment sur des interfaces qui permettent de piloter de manière simple le projecteur, le serveur sur lequel sont stockés les contenus. Nous sommes également par l’ANVAR qui soutient les entreprises innovantes.
Pour vous décrire l’activité di distribution, je voudrais faire un petit parallèle la distribution en 35 mm, être un distributeur en 35 mm, c’est assurer deux missions principales, une mission de logistique en quelque sorte, je ferai ensuite le parallèle avec le numérique, qui consiste à imaginer le nombre de copies qui vont correspondre au potentiel du film, travail assez difficile évidemment, puisque ça a un impact économique très fort.
Une fois qu’on a imaginé ce nombre de copies, il faut travailler avec les laboratoires, etc. pour les fabriquer, éventuellement les sous titrer, les doubler, les transporter vers les salles dans lesquelles les films sont programmés. Toute cette partie logistique est assurée par le distributeur qui assure également le marketing et la promotion des films. En numérique, on ne change pas grand choses, il y a également un partie logistique, simplement ce qui change et ce que nous on essaie de mettre en place, c’est que comme aujourd’hui, très peu de salles sont équipées en numérique, il nous a fallu avoir tout un apprentissage pour transmettre aux exploitants qui sont intéressés par ces nouveaux modes de diffusion, pour l’équipement de la salle, avant même de parler de transmission de la copie. On commence nous, par accompagner les exploitants dans cette évolution technologique, en leur proposant des matériels les plus adéquats par rapport à leurs écrans. Aujourd’hui nous travaillons essentiellement ave des exploitants qui ont des écrans de moins de 10 mètres, ce qui représente déjà beaucoup d’écrans en France, je crois qu’il y en a 5200 et quelques, il y en a plus de 3000 qui font moins de 10 mètres, ça représente beaucoup d’écrans. On travaille pour l’instant essentiellement avec des exploitants indépendants et beaucoup dans l’art et essai puisque ce sont ces exploitants qui sont intéressés en général par le documentaire ou les films que nous pouvons actuellement leur proposer.
Nous les aidons à s’équiper en leur apportant des technologies et des prix puisque un des avantages que l’on peut faire en équipant plusieurs exploitants, c’est d’essayer de faire en sorte qu’il aient les meilleurs tarifs pour ces équipements, nous assurons pour eux l’installation, la formation et l’assistance, évidemment dans le futur, il y aura certainement d’autres sociétés qui pourront faire ça très bien à notre place donc pour l’instant on le fait parce qu’il n’y a pas grand monde sur ce créneau, nous venons d’équiper notre première salle à Champigny, donc avec un équipement à peu près équivalent que celui que nous avons installé aujourd’hui pour cette petite démonstration, donc un projecteur Panasonic, un nugget Dorémi et puis pour atteindre la meilleure image en terme de taille, tout en conservant la résolution de la matrice, on a également installé une lentille anamorphique qui permet d’agrandir l’image sans perdre de sa définition, c’est un peu l’équipement type d’une salle, on tient un peu sur la taille maximale, l’équipement qu’on propose ici serait plus adapté pour une salle d’un écran de 6 à 8 mètres de base.
Un petit schéma qui précise effectivement le type d’équipement qu’on installe, donc un projecteur, un serveur qui a l’avantage de permettre de synthétiser les différents contenus en un seul format, c'est-à-dire que nous les producteurs avec lesquels on travaillait ont produit leur films soit en BETA, soit en BETA numérique, soit en DV, les différents formats nous arrive sous forme de cassettes que nous encodons sur un seul serveur et nous travaillons, pour l’instant avec l’exploitant et dans le futur les exploitants en leur renvoyant le disque dur qui contient le film encodé en Mpeg2.
Ce serveur lui-même est contrôlé par un ordinateur classique qui permet d’externaliser les fonctions du projecteur et du serveur, qui ont une interface qu’on est en train de développer et une interface tactile qui permet tout simplement de piloter simplement et rapidement les différents équipements.
En parallèle, nous nous concentrons essentiellement sur le contenu, donc nous développons un catalogue de contenus qui comprend aujourd’hui des documentaires, assez peu de fictions pour l’instant, des films d’animation pour enfants, des films de patrimoine puisque, et on l’a montré dans Paris Cinéma ces dernières semaines, un certain nombre de films, qui aujourd’hui parce qu’ils ont été tournés en 35 mm il y a très longtemps ou en 16mm ne sont plus disponibles en copie 35 et donc il peut y avoir un intérêt à utiliser un master numérique pour la diffusion de ces différents films et donc nous travaillons aujourd’hui avec un grand nombre de producteurs en France, ces différents producteurs comme Zep, Téléimages , Doc en Stock, Quark, le CNRS ou les films de la pléiade, nous les avons contacter par ce que leurs films, très souvent, n’étaient pas diffusés en salle de cinéma et je dirais, avaient un certain potentiel pour l’être donc, on va prendre quelques exemples : vous savez que ces dernières années en France, il y a pas mal de documentaires qui sont sortis avec le succès qu’on leur connaît : par exemple « Etre et avoir », plus récemment « Les Sucriers de Colville », « Lost in la Mancha », etc. Ces films pour sortir en salle ont dû être gonflés en 35 mm parce que tournés en numérique, pour les sortir en salles, équipées pour l’instant seulement en 35 mm, il fallait les gonfler, ce qui correspond à un investissement important pour les distributeurs.
Dans notre catalogue, nous avons un certain nombre de films qui pourraient avoir ce potentiel et qui aujourd’hui ne sont pas vus, notamment auprès de certains publics qui seraient intéressés par ces films, donc nous travaillons avec ces différents producteurs ou distributeurs pour essayer de faire en sorte que ces films soient vus prochainement dans les salles.
Nous avons assurer déjà un certain nombre de projections donc à titre indicatif, voici quelques uns des documentaires qui ont récemment été diffusés : Paris Cité sauvage, Tokyo cité sauvage, New York cité sauvage et Toronto. Nous avons organisé à Champigny un certain nombre de cycles, notamment un cycle sur la danse et en particulier, diffusé un documentaire qui s’appelle « Degas et la danse » tourné en HD. Nous avons également organisé un cycle mensuel sur les animaux, donc récemment diffusé plusieurs documentaires : « Tant qu’il y aura des crocodiles » de Jean Queyrat, « Le Requin dieu ou démon » de Jérôme Ségur, également nous avons travaillé sur un cycle sur la Chine et notamment diffusé « Chine, le chantier du siècle ». Et puis, parce que le numérique le permet, nous avons également diffusé « La Nuit de la glisse », donc là dans un cadre différent pour un plus large public. Dans le cadre du festival Paris Cinéma, nous avons organisé également un certain nombre de projections numériques et en particulier « Les Chevaliers d’ivoire » et « La Chasse au lion à l’arc » de Jean Rouch, qui illustre assez bien les différents films que nous avons aujourd’hui en catalogue, puisque vous avez d’une part un documentaire de fiction, disponible uniquement en numérique, qui est magnifique, qui est encore diffusé cette semaine et puis vous avez un film de Jean Rouch, que je pourrais considérer comme un film de patrimoine, un film absolument magnifique mais qui est disponible uniquement en 16 mm et qui donc ne pouvait plus être diffusé facilement donc nous avons décidé de le sortir en numérique.
Pour finir, je vais vous parler un peu de nos objectifs pour la fin de l’année et les années à venir. Nous souhaitons, et c’est dans ce cadre que nous nous sommes rapprochés d’EuroDocuZone, équipé une vingtaine de salles d’ici le mois de juin 2005. Nous souhaitons également nous rapprocher d’EuroDocuZone pour une collaboration et un échange de contenus, ainsi que pour le travail que nous pouvons mener en commun sur les différentes normes, sur les technologies, etc. Ce qui nous intéresse là, c’est de pouvoir faire circuler les œuvres que nous avons en catalogue à l’international et inversement de pouvoir diffuser en France des films européens. Comme vous l’avez compris, nous travaillons pour l’instant sur des films qui sont peu ou pas diffusés : des documentaires ou des films de patrimoine. Cette diffusion, en fonction du nombre de salle pourra prétendre à d’autres films en collaboration avec d’autres producteurs et distributeurs. Et enfin, nous travaillons également sur des nouveaux usages pour les salles de cinéma, ce qui va un peu dans le sens de ce que j’expliquais tout à l’heure, les taux de fréquentation. Comme les salles sont parfois vides à certains moments de la journée, en particulier donc en matinée et l’après midi, donc nous travaillons avec les exploitants avec qui nous menons cette étude sur les nouveaux usages de la salle de cinéma et en particulier un qui nous intéresse beaucoup qui est la notion d’interactivité en salle de cinéma, aujourd’hui, c’est un chantier assez large puisque nous menons avec le Ministère de la recherche, l’école national supérieure de Télécoms et l’université Descartes, et qui consiste à imaginer ce que pourrait être de nouveaux contenus interactifs donc, alors soit des contenus pédagogiques, on pourrait imaginer toute une classe dans une salle de cinéma à qui on diffuse un film documentaire et à qui on pose un certain nombre de questions, vous pouvez imaginer également des usages plus ludiques, des jeux, etc. Donc on travaille sur tout ces aspects qui sont permis quand cas de diffusion numérique.

Claire Derville :
Les interventions des quatre invités sont terminées, je vous propose maintenant de passer à des questions.
Une question qui s’adresse à Etienne, le seul français à la table, pourquoi est ce qu’on est aussi en retard ? Pourquoi est ce que la France est aussi en retard sur le numérique ?

Etienne Ollagnier :
Je pense pas qu’on soit totalement en retard, je pense que de manière générale, on est dans une période de transition qui va prendre du temps donc les différents projets qu’on a exposé ici témoignent de cette transition plus que d’un basculement brutal. Il est clair que les différents pays avancent un peu à leur rythme, que la projection numérique a commencé dans certains pays, par forcément, là où on l’attendait. Je pense un certain projets notamment un projet en Norvège où l’arrivée du numérique s’est faite plutôt par la publicité, une régie publicitaire qui était unique, qui était un peu en train de mourir et qui a demandé à l’ensemble des exploitants qu’elle avait en régie, avec le soutient des villes, de passer au numérique pour pouvoir survivre et rapporter des revenus aux exploitants, ils sont passé au numérique, dans des gammes de projecteurs et d’équipements pas forcément très haute gamme mais ça a ouvert effectivement la voie à la diffusion d’un certains nombre de contenus alternatifs.
Depuis 2, 3 ans, il y a un certain nombre de projets qui naissent comme ça un peu partout en Europe, une dizaine, vingtaine de salles, il y a un projet français qui a été mené dans les années passées sur une autre thématique mais qui montre que la France en tout cas était intéressée par ces problématiques. Je pense, que le passage au numérique, tout le monde le dit, c’est vraiment aujourd’hui que ça se passe, ça commence, 2005 risque d’être une année charnière. On a peut être un tout petit peu de retard, à quelques salles près…

Claire Derville :
A votre avis, l’initiative de la transition vers le numérique doit venir plutôt du privé ou plutôt du public ?
C’est amusant de constater que en Angleterre, qui est un pays de tradition plutôt libérale, l’initiative vient, on l’a vu avec Steve Perrin, de l’Etat et que en France ou au Portugal, on a l’impression que ça vient plutôt du privé ?

Steve Perrin :
Cela dépend du calendrier, si l’on se place à court terme ou à long terme, cela dépend aussi de la zone géographique. A court terme, on peut dire que des pays comme l’Inde, la Chine, l’Amérique du Sud et on souligne particulièrement une expérience en Suède où cette expérience a été développée avec des fonds publics, en particulier pour les zones éloignées, les zones isolées en Suède, donc, les fonds publics ont permis de mettre en place ce genre d’initiative. Par contre, si l’on parle d’un beaucoup plus log terme, bien entendu, on arrivera à des financements privés, c'est-à-dire que le développement de la distribution en numérique sera vraisemblablement financé plutôt par des fonds privés.

Claire Derville :
Est-ce que vous ne craignez pas que les majors, quand elles se mettront d’accord, est ce qu’elles ne risquent pas de dicter leurs standards et de couper court à toutes les autres initiatives ?

Kees Ryninks :
Dès que les studios arriveront ou réaliseront que, donc par rapport à cette expérience, et imposeront leurs standards, nous serons certainement, nous aussi, arrivés au meilleur niveau des standards possibles. Le standard utilisé actuellement en Hollande, aux Pays Bas est peut être inférieur au standard qui est utilisé en Grande-Bretagne, mais tous essaient donc de développer les meilleurs standards possibles et le standard JP2000, de très haute technicité qui est en train d’être développé et qu’on imposera d’ici un ou deux ans.

Etienne Ollagnier :
Il est évident que les différents projets qu’on présente ici, suivent de manière très proche les réflexions des studios américains au travers d’une structure qui s’appelle le DCI, qui travaille de manière très proche avec les constructeurs avec lesquels nous-mêmes nous travaillons pour faire évoluer ces standards vers une qualité optimale, l’objectif final pour tout le monde étant d’avoir une diffusion numérique aussi simple qu’elle l’est en 35 mm. L’un des avantages du 35 mm aujourd’hui, c’est qu’un film, tourné aux USA, peut être le lendemain présenté en Inde sans difficulté. Aujourd’hui, en numérique, je dirais comme toutes les nouvelles technologies, il faut avancer doucement et tout n’est pas encore finalisé mais tout converge effectivement pour que tous les différents systèmes que tout le monde utilise soient inter opérables et permettent facilement de transférer les contenus d’un pays à l’autre sans modifications ni de normes ni de qualité.

Steve Perrin :
On ne veut pas qu’arrive ce qui s’est passé dans d’autres domaines, pour le cinéma numérique, qu’arrive le fait qu’il y est des standards différents. On citait particulièrement ce qui s’est passé pour la vidéo : les différents systèmes diffusion vidéo et également ce qui s’est passé pour le son où on a développé quatre standards différents, plusieurs standards différents qui étaient les uns et les autres incompatibles. Il n’y aura certainement pas quelque chose qui sera imposé aux autres pays par les américains, ce sera un développement en commun de ces standards.

Etienne Ollagnier :
Il y a différents types de standards, quand on parle d’un système de projection numérique, on parle toujours d’un projecteur et d’un serveur donc il y a un certain nombre de standards à respecter pour le projecteur et pour le serveur. On parlait tout à l’heure des standards Jpeg 2000 ou Mpeg2, c’est effectivement ce qui concerne la compression des images sur le serveur mais il existe également des normes à respecter en matière de projecteur. Les organismes tel que le DCI aux USA ou European Digital Cinema Forum pour L’Europe regroupent un certain nombre de producteurs, distributeurs, exploitants et des sociétés techniques, pour travailler main dans la main sur ces différentes normes pour arriver à des standards uniques et nom pas à une diversité de normes.
Si vous voulez, pour stocker le film, on le stock sur un ordinateur, un serveur informatique donc aujourd’hui les films peuvent être envoyés sur ce serveur de différente manière, pour ce qui est de la projection qui a été réalisée tout à l’heure par exemple, c’est un disque dur qu’on apporte dans le cinéma. Kees, tout à l’heure décrivait ce qui se passera dans EuroDocuZone, pour lequel les films seront envoyés depuis un central unique vers les différentes salles par satellite et un des moyens possibles, dès lors que le contenu est envoyé à un grand nombre de salles pour des questions de rentabilité, et puis pour certains contenus, des contenus courts par exemple, on pourra les envoyer par ADSL.
Ensuite, le film lui-même qui a été encodé par un standard unique, tout à l’heure, c’était du Mpeg2, effectivement dans quelques mois ou quelques années, ce sera certainement du Jpeg2000, on le stocke sur ce serveur pour diffusion.

Anibal Lamy :
Je voudrais vous dire que la question du cinéma digital n’est pas seulement des standards, n’est pas seulement technologique, parce que, comme vous savez, le cinéma c’est une industrie, c’est un business, donc il faut il faut parler simultanément de production, il y a la production digital, numérique, ça c’est une question. Y a t il la distribution numérique ?, c’est une autre question, y a-t-il une opportunité, pour un cinéma, d’exploiter la projection numérique, c’est une autre question. Si l’on s’interroge sur la question de la production, on verra que, en fait, la production du cinéma numérique est beaucoup plus forte dans les pays scandinaves, baltiques, les pays de l’Europe de l’est que ce qu’elle est en France, en Hollande ou en Angleterre. Il faut aussi changer la mentalité des directeurs par exemple, qui travaillent en France, en hollande, en Angleterre, pour utiliser le numérique pour faire des films.
Il faut produire du contenu, si on a du contenue, on aura une raison pour faire de la distribution et aussi l’exploitation. Mais la question du numérique sur un cinéma, ça implique aussi un changement du concept du business du cinéma lui-même.
Vous pouvez penser à une utilisation 24h/24h de cette salle de cinéma et pour faire quoi ? Il y a là maintes opportunités, donc quand on parle technologie et développement technologique, quand on parle de standards, on aura bien sûr des standards pour faire pression sur l’industrie du cinéma, ma is tout ça doit se développer d’une façon intégrée. Si cette façon n’est pas intégrée, on aura pas d’investissements privés et aura tout simplement de l’investissement public, donc, pour parler de l’investissement privé, on doit considérer l’investissement sur le côté « cinéma », on doit considéré l’investissement sur le côté « contenu », production de contenus intéressants mais aussi distribution d’autres genres de contenus, pas seulement le film pour les salles de cinéma et c’est bien là que l’on peut justifier de la présence de l’argent privé parce que s’il n’y a pas du business, si ce business offre beaucoup de risques, les privés n’investiront pas, c’est mon avis.
Bien sûr les projets du UK Film Council ou de l’EuroDocuZone sont déjà différents, EuroDocuZone a de l’investissement privé à différents niveaux. Par exemple, au Portugal, tout l’investissement est privé, en Autriche, tout l’investissement est financier.
Pour moi, cela fait du sens d’investir en même temps dans un modèle business pour les cinémas, dans un réseau productif et dans une nouvelle distribution et c’est là la recette pour l’investissement privé.

Claire Derville :
On va passer la parole au public

Question :
Je représente un projet qui s’appelle Cinédac et je crois que si on n’en connaît très peu sur la France, c’est probablement parce que c’est très secret et les gens ont chacun leurs projets depuis plusieurs années sur la table mais c’est une très grande industrie à renouveler. C’est beaucoup d’argent et tout le monde reste secret. Est-ce que c’est Microsoft qui va faire beaucoup d’argent, est ce que ça va être Barco, il y a différents CNC qui sont dans ce projet et c’est pour ça que c’est relativement secret mais ça fait des années que les français travaillent aussi là-dessus. Il y a des gens qui ne sont pas à cette table comme MK2 qui a proposé aux salles de cinéma de les équiper gratuitement en leur proposant des films uniquement MK2 et il y a aussi quelque chose qui se passe au niveau des salles indépendantes, ce sont tous des têtes de turcs, chacun pour soi et les distributeurs aussi et c’est très difficile d’organiser quelque chose en France, je le sais parce que encouragé par les initiatives de Kees Ryninks et de Steve Perrin, en publiant leur discours de Montréal sur Internet et en essayant de contacter toutes les salles qui sont susceptibles de travailler avec le numérique. Parce que on ne savait rien, on s’est dit ça va être la révolution numérique, toues les salles vont être équipées, ça va être bientôt. Alors on téléphone aux salles pour voir ce qu’ils font : on a contacté environ 200 salles en France qui sont toutes très intéressées, surtout si elles touchent de l’argent du CNC pour être équipé bien sûr, elles sont aussi d’accord si le film a une qualité du 35 mm, tous sont cinéphiles, tous sont des enfants de la cinémathèque et donc ils veulent protéger le 35 mm, pourquoi ? on ne sait pas. Par contre, l’industrie du 35 mm comme Eclair, travaille déjà sur des serveurs qui sont beaucoup plus importants que tout ce que Docuzone ou autre propose. Donc ils sont déjà très bien informés et travaillent comme des fous sur des changements technologiques, qui à mon avis seront dans 2 ou 3 ans et pas dans 10 ans comme le CNC français l’estime.
Nous, depuis 6 mois, encouragé par Kees Ryninks et tout ce projet là, parce que nous sommes aussi distributeur, on a travaillé en téléphonant un par un à toutes les salles de cinéma, ça nous a pris plus de 6 mois, tous les jours, pour essayer de faire une analyse de la situation. Tout le monde est intéressé et on s’est aperçu qu’il y a déjà 50 salles qui sont équipées. Pourquoi ne pas l’avoir dit ? Tout simplement, au CNC, ils avaient peur de perdre leur subvention en passant un film en BETA. Ce qui est faux, puisque vous pouvez passer ce que vous voulez dans les salles de cinéma, super 8, 16mm et diapositives, du moment que vous avez un visa au CNC. Le visa, c’est très simple, vous montrez à une commission le visa, il va regarder, vous signez en tant que distributeur, que ce films aura ou est égale à une copie 35 mm et dans ce cas là vous avez un visa et vous avez un droit d’exploitation en salle. Les gens sont couverts et ils peuvent toucher leurs subventions municipales : CNC, européennes, parce que c’est ça essentiellement le grand handicap.
Contrairement à ce que vous dites, on est quand même plus loin. J’estime aujourd’hui qu’il y a à peu près 300 salles en France qui sont susceptibles de participer à cette initiative, 200 veulent vraiment participer, 100 salles sont équipées et nous espérons le 22 septembre de commencer avec, comme le disait Kees Ryninks, une première projection dans 50 salles, j’espère, minimum, avec un film de trois heures qui s’appelle God’s……… de Peter Metler, de sortir le premier films dans ces salles et de s’ouvrir à un public. Aujourd’hui, on a quand même 200 personnes qui sont intéressées, qui veulent passer les films mais je pense que en tant que distributeur maintenant, c’est pas Cinédac mais Carfilms, en tant que distributeur depuis 20 ans en France, j’économise 20% de mon budget, je peux le mettre dans ma poche, non, c’est le producteur qui va en gagner, il va être content car il a jamais vu de l’argent de notre côté. On peut encore économiser avec la publicité qui est essentiellement parisienne et qui va dans les poches de Filipacchi : Pariscope, etc.
Il faudrait essayer de quitter Paris, le problème c’est que les régions, ils sont très forts mais tout est très centralisé en France et donc on a un gros problème pour avoir une vitrine parisienne pour montrer ces films. On va encore essayer de trouver une solution, une qui est très important et dont on a entendu parler, c’est la formation des animateurs de cinéma, ça veut dire chercher des gens dans les salles, un travail interactif, j’ai entendu ce mot là tout à l’heure, entre les cinémas, les médiathèques, les écoles et les différentes institutions qui utilisent le film sur n’importe quel support dont le numérique et c’est là où je pense que les institutions publiques peuvent nous aider et aussi le distributeur peut donner une part de son budget ou de ses subventions pour créer des animateurs cinéma, cas par cas, région par région. Pour le moment, la prochaine réunion va se faire sur les régions, il y a pour le moment 25 salles en Ile de France qui vont se rencontrer en septembre pour ce projet et on espère qu’il y a d’autres régions qui vont venir vu la situation très spécifique française par rapport à l’Etat.

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