Witold Stok, chef opérateur de Krzysztof Kieslowski
Jeudi 8 juillet. Witold Stok, chef opérateur de Krzysztof Kieslowski, présentait les documentaires du réalisateur polonais disparu. Extraits de ses échanges avec les spectateurs. Que s'est-il passé pour que tout à coup Krzysztof Kieslowski passe de ces documentaires très réalistes à des fictions empreintes de spiritualité ? La plupart des gens connaissent Kieslowski grâce à ses films les plus récents. Mais il a fait toute une série de documentaires, avant de passer tout à coup à la fiction. Il y a eu beaucoup de théories pour expliquer cela. Bien sûr, il pensait peut-être avoir tout dit à travers le documentaire. Mais je crois que l'une des raisons majeures, c'est que certains thèmes lui apparaissaient comme trop intimes pour un documentaire. Des sujets comme la mort, l'amour, la jalousie, l'intéressaient beaucoup. Mais il préférait passer par la fiction pour ne pas « violenter » les personnes interrogées.
Comment travaillait-il avec les personnes filmées dans ses documentaires ? Il passait beaucoup de temps avec les personnes qu'il filmait. Même les jours où l'on ne tournait pas, on allait passer du temps avec elles, comme si l'on faisait partie de la famille. Krzysztof Kieslowski avait une capacité d’écoute extraordinaire. Les gens sentaient qu'ils étaient écoutés. C'est pour cela qu'ils donnaient autant. C’est pour cela aussi que ces œuvres ont tant touché les spectateurs.
Est-ce que cette attention pour le réel se retrouvait dans ses fictions ? Oui, le Kieslowski que j'ai connu avait vraiment ses deux pieds sur terre. Il était co-auteur de tous les scénarios de ses fictions. Il voulait vérifier que chaque personnage reflétait bien une vérité. De même, dans son travail de direction d'acteur, il était toujours vigilant à ce que tout soit vraisemblable. Il ne voulait pas que ses films soient des œuvres abstraites. |