|  | Marjane Satrapi, auteur de "Persépolis" Mercredi 30 juin, Marjane Satrapi ouvrait le festival ParisCinéMômes lors de la projection des "Contes persans", des films d’animation iraniens. Elle revient sur ces œuvres qu’elle a découvertes lors de son enfance en Iran, ainsi que sur son propre travail.
« Les Contes persans » Des films comme ceux-ci, j’en ai vus beaucoup, enfant, à l’Institut Kanun (NB : l’institut qui a produit les films présentés dans le cadre de ParisCinéMômes). Le cinéma d’animation d’auteur était très actif, car l’Iran possède une forte tradition du dessin depuis toujours. Ce ne sont pas vraiment des contes, plutôt des histoires poétiques, métaphoriques et oniriques qui cachent parfois un message politique. J’avoue qu’à l’époque, j’étais plus portée sur l’action que sur le rêve ! Je préférais La Belle au bois dormant ! Ce n’est que plus tard que j’ai compris ce que ces dessins animés avaient apporté à mon développement intellectuel et à mon imagerie. Beaucoup d’enfants les apprécient immédiatement. Pour les autres, il y a certainement un effort à faire, mais cela en vaut la peine. Ne serait-ce que pour se rendre compte qu’il existe un autre cinéma d’animation, à côté de Walt Disney et des Mangas ! Pourquoi Persépolis a si bien marché… J’ai cessé de jouer la fausse modeste et de penser que c’est un pur hasard ! Pour les adultes comme pour les enfants, ce qui importe avant tout, c’est une bonne histoire à raconter. Mais Persépolis est aussi arrivé au bon moment. Grâce au cinéma iranien, les occidentaux ont enfin reconnu l’Iran comme un pays de culture, et pas seulement un état terroriste. Des projets ? Oui, l’adaptation de Persépolis en dessin animé. Je travaille avec un coscénariste, car c’est extrêmement difficile pour moi de réécrire mon histoire d’une autre manière. C’est un travail énorme, il y a 2 millions de dessins à produire, mais d’autres dessinateurs s’en chargeront… Et après Persépolis, j’ai aussi envie de passer à autre chose, J’ai déjà commencé en publiant Broderie, entre les volumes 3 et 4 de Persépolis. C’est un livre inspiré des conversations des femmes de ma famille quand les hommes ne sont pas là.
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