Paris Cinéma en direct / Retour sur un événement




 



Les autres événements :

- La conférence de presse du 4 juin 2004

- Agnès Varda et ses documentaires

- L'ouverture de Paris Cinéma avec Jean-Paul Belmondo

- Le Concours de dessins Paris CinéMômes

- Les projections de films muets dans les jardins du Sénat

- Chung Chang-wha : une carrière de cinéma

- Witold Stok : chef opérateur de Krzysztof Kieslowski

- Helen Mirren et Tim Roth : un tournage très spécial avec Peter Greenaway


© photos Charlotte Gabriel-Sabatier

Tony Gatlif présente Exils en avant-première


Samedi 10 juillet. Tony Gatlif présente son dernier film, Exils, à l'issue de la projection. Exils, c'est l'histoire d'un retour au pays de naissance, d'un retour aux sources : c'est aussi l'histoire de Tony Gatlif.

"Je suis parti d'Algérie en 1964 et je n'ai jamais oublié. J'aime le Sud, je mange Sud, je pense Sud, je rêve Sud ! Mais j'avais peur de retourner en Algérie. Alors je me suis entouré d'amis, d'une équipe et de 50 000 mètres de pellicule ! Mais c'est le pays qui vous oublie, je n'ai rien retrouvé, c'était douloureux…"

Un clandestin dans le cinéma
"Je suis arrivé dans le cinéma comme les clandestins du film, de façon brutale, sans autorisation ni moyens, juste avec mes envies. J'ai toujours peur de faire faux, de faire du cinéma. Donc j'écris une scène puis une autre jusqu'à ce qu'elle devienne parfaite. Si les acteurs étaient là, ils diraient que je maîtrise tout. Je ne suis pas dictateur ni prétentieux. Mais je veux tout contrôler. C'est de l'art, c'est quelque chose qui n'existe pas. Et pourtant, il faut donner l'impression que c'est comme la vie et que l'on n'est pas intervenu."

La transe et la musique
"La musique du film, ce n'est pas du Wagner, les gitans, comme les gens populaires ne connaissent pas la musique. La musique que nous faisons est de la musique en vrac, de la musique du cœur, de la musique qui n'a pas peur de ne pas connaître. Par exemple, dans "Exils", beaucoup d'instruments sont faux. Mais ce n'est pas grave ! C'est ça qui est génial, quand ça sonne faux, comme la vie."

"La scène de la transe est une des raisons pour lesquelles j'ai fait le film. La musique du début est une musique urbaine, faite de samples, elle amène une tachycardie comme dans les raves. Cette transe urbaine fait écho à la transe de la fin. Là, c'est une musique ethnique, une musique thérapeutique. La musique de transe est une musique de réunion. Elle est jouée lors d'une cérémonie appelée la lila. C'est une façon de se libérer des djinns. On utilise beaucoup la transe comme musicothérapie en Orient, notamment dans le banlieues d'Alger, secrètement. Elle est presque clandestine. Nous avons travaillé avec les acteurs sur cette musique. Parce qu'ils dansent de façon occidentale. Donc au début, nous avons donné un rythme binaire, occidental à la musique, et à la fin, c'est une musique orientale, pour leur guérison, qui n'en est pas vraiment une. Les deux jeunes se retrouvent à travers la transe. La musique fait également le voyage à la rencontre de ses vraies sources."

Comment j'ai choisi les acteurs
"J'avais choisi Romain Duris dès le début, parce qu'il a une fantaisie, une insouciance apparentes alors qu'il est plutôt réservé. C'est juste que parfois il pète les plombs. J'ai choisi Loubna sur casting et ils fonctionnent très bien tous les deux. Ils ont un côté couple, mais en même temps, chacun garde sa liberté. Tout se passe bien dans mon film, c'est parce que j'aime beaucoup mes personnages, je suis amoureux d'eux ! Ce sont comme des copains, je ne me moque jamais d'eux."



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