
 La salle de l'auditorium au Forum des images était comble pour la projection
 Chung Chang-wha et son interprète
 Chung Chang-wha à l'ouverture de Paris Cinéma © Jean Quelquejeu
© photos Jean Quelquejeu, jqqjeu@noos.fr, Charlotte Gabriel-Sabatier
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|  | Chung Chang-wha : une carrière de cinémaVoir toutes les photos
Dimanche 3 juillet, le réalisateur coréen Chung Chang-wha était présent au Forum des images pour la projection de son film culte : La Main de fer (1972). Lors d'une discussion après la projection, le réalisateur a répondu avec beaucoup de patience et de générosité aux questions de ses fans. Mes débuts en Corée "Aujourd'hui, il y a des distributeurs, des effets spéciaux, et un environnement très confortable pour toute l'industrie du cinéma. Mais à l'époque, quand j'étais en Corée, les conditions de travail étaient très précaires. Le réalisateur devait tout faire tout seul. Je dormais 3 heures par nuit quand je tournais ! Quand je suis arrivé à Honk Kong, tous les moyens étaient fournis, il y avait des spécialistes pour chaque secteur... Tout était plus facile." Une innovation que j'ai lancée "J'ai été le premier à introduire les arts martiaux dans les films chinois. A l'époque, les réalisateurs ne faisaient que des films de sabre. Heureusement, mon film a eu un grand succès. C'est à partir de ce moment que les films chinois se sont exportés, que Bruce Lee a connu une carrière internationale." Mes influences "J'ai été influencé par les westerns, comme par d'autres films américains. A l'époque, il y en avait beaucoup en Corée. D'ailleurs le cinéma coréen en pâtissait et périclitait. J'ai étudié ce qui attirait les spectateurs. Le budget était impossible à égaler, mais il était possible de s'inspirer du rythme. J’ai beaucoup appris, surtout sur le montage et le tempo. Je ne voulais pas copier ces films, mais tourner une histoire typiquement coréenne, en me disant qu’à ce moment-là, les spectateurs reviendraient forcément. Et effectivement, ils sont revenus."
Mon départ de la Shaw Brothers "J'étais en train de préparer un film. Le propriétaire de la Shaw Brothers était vieux. Il ne comprenait plus grand chose au cinéma. Sa seconde femme s'est mise à tout superviser. Malgré le succès de mes précédents films, elle voulait réduire mon budget de façon absurde. Je suis donc parti. Raymond Shaw a fondé sa propre société. Je l'ai rejoint. C'était une société toute jeune, avec de petits budgets, mais ça ne me changeait pas des conditions de travail en Corée. Aujourd'hui, je me dis que si cette femme n'avait pas été là, ou avait été différente, j'aurai pu faire un film 1000 fois meilleur !" Et maintenant ? "Depuis ma retraite, je vois un film par semaine. Dernièrement, un ami m'a conseillé "Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran" de François Dupeyron, un réalisateur talentueux. Ce film m'a beaucoup ému. J'ai bien aimé aussi la série des "Taxi". Je me sens redevenir jeune qund je les regarde. J'ai également vu "Kill Bill" et j'ai été touché par cet hommage magnifique. Le cinéma est fait pour qu'on y fasse des emprunts et qu'on se le réapproprie ! En Asie aujourd'hui, chaque film qui a du succès bat le record du précédent. Le cinéma coréen se porte de mieux en mieux."
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