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10 juillet 2003
Spectateurs de Paris Cinéma
THERESE ET MICHEL : UNE DECOUVERTE D'ELISEO SUBIELA
Depuis le début de Paris Cinéma, Thérèse et Michel sont fidèles au Latina où ils ont découvert toute l’œuvre d’Eliseo Subiela. Suite à la projection du Côté obscur du coeur en présence du réalisateur, échanges avec deux spectateurs enthousiastes...
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| Thérèse et Michel |
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Une révélation…
Thérèse : « Il y a une telle richesse dans les scénarios de Subiela, dans sa mise en scène, dans ses textes. On le sent influencé par la philosophie, la psychanalyse, la religion, mais il ne donne pas de leçon, il montre simplement, sans imposer.
Malgré leur côté sombre parfois, ses films sont une apologie permanente de la vie, de l'extraordinaire toujours à l’œuvre dans l'ordinaire. Il a réussi à rendre la beauté du quotidien. A tel point que j’ai parfois eu l’impression de vivre littéralement certaines scènes comme si j’étais entrée dans le film. Pour moi, c’est une vrai révélation. Subiela fait partie de ces gens dont on est content de savoir qu’ils existent, dans lesquels on se reconnaît et qui donnent de l’espoir. On en a besoin !
Michel : J’ai beaucoup aimé pour ma part la richesse de construction des personnages. Ils sont souvent, comme au théâtre, porteurs d’une caractéristique spécifique. Cela donne une liberté d'imagination et de la création qu'on n'a plus l'habitude de rencontrer. On est tellement enfermé dans une réalité presque stérile que cela fait du bien !
Il y a des scènes d’anthologie dont je suis sûr qu’elles vont marquer le cinéma, par exemple dans Homme regardant au sud-est, tous les fous qui se révoltent au son de l’Hymne à la joie, c’est des images extraordinaires à la Brueghel ou à la Jérôme Bosch.
Comment s’est constituée une petite communauté d’admirateurs…
« De séance en séance, on a commencé à se reconnaître et à se sourire entre spectateurs. Peu à peu, on s’est mis à discuter des films et à prendre rendez-vous pour le lendemain. Maintenant nous avons échangé nos coordonnées et allons nous revoir. C’est un cinéma qui favorise cela, qui crée et renforce les liens.
Rencontrer Eliseo Subiela lors de la projection en sa présence a été aussi un grand plaisir, cela l’a rendu réel, a permis de mettre un visage sur ses films. Il est si réservé et modeste, comme dépassé par ses œuvres, ce qui, d’après Jodorowski, est le propre des vrais créateurs ! »
De l’intérêt d’une rétrospective…
« Dans le cadre de Paris Cinéma, nous n’avons vu que les films d’Eliseo Subiela, au rythme de un ou deux par jour. De toute façon, c’était impossible de tout voir, et nous sommes enchantés de notre choix.
Voir tous ses films à la suite n’a rien de lassant, c’est un bon moyen d’en retrouver le fil d’Ariane, de repérer les correspondances...
Maintenant nous attendons avec impatience ses prochains films et suggérons à Paris Cinéma d’organiser l’année prochaine une rétrospective des réalisateurs sud-américains qui ont influencé Eliseo Subiela ! »
Propos recueillis par Nathalie Ryser
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Paris Cinéma : du 2 au 15 juillet 2003
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