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6 juillet 2003
Réalisateurs
UNE LETTRE DE TERRY GILLIAM AUX SPECTATEURS DE PARIS CINEMA
Terry Gilliam devait être présent le samedi 5 juillet à l'UGC Bercy afin de présenter Lost in La Mancha et Le Baron de Munchausen aux spectateurs de Paris Cinéma.
Retenu à Prague par le tournage de son prochain film, il a souhaité expliquer son absence à ses fans. La lettre que nous reproduisons ici leur a été distribuée lors de la projection.
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| Terry Gilliam |
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Lost in La Mancha |
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Le Baron de Münchausen |
En français
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Dear Paris Cinema Festival Folk and Fans,
Directors invariably say what a great honour it is to be given a retrospective of their work. I was hoping this time to avoid repeating that old cliché, but unfortunately I can't.... because it is a great honour.....especially here in Paris.
Of all the cities of the world, Paris is the one that seems to truly love and respect cinema. When I'm in Paris I feel that what we do as film makers is actually important. I get encouraged to continue.
It was in Paris where I began the first day's shooting of Brazil...to be precise it was actually Marne-le-Vallée, but it was Paris where we stayed... and it was in our hotel in the Place de la Republic that, as we were checking in, a wedding orchestra in some distant ballroom suddenly started playing the song, Brazil.
This struck me as a particularly magical omen. Possibly a marriage between Paris and our film. In a strange way it was true. When we finished the film, I had no idea what we had made. I was confused and lost. It was the Paris critics who were the first to articulate intelligently what we hachieved. Luckily, they decided it was not a bad film. They even thought it was poetic... something I had never been accused of before. They gave me the confidence to fight a long and, ultimately, successful battle against Universal Pictures when the studio tried to disembowel the film for the American release. So Brazil and I owe a lot to Paris.
I'm very sad not to be able to be with you tonight. I had made all my plans, but, unfortunately, something very painful and surprising occurred making it impossible for me to come. I HAVE A JOB! I'M SHOOTING A MOVIE !
Someone has been foolish enough to give me the money.. and I'm stuck in Prague. Tonight we are finishing our first week of filming on The Brothers Grimm. Matt Damon, Heath Ledger and Jonathan Pryce won't let me leave. They think they need a director. I should be with you in Paris saying, "what a great honour it is " but, they insist I stay here, up to my neck in mud and freezing rain while violent enchanted rees attack us from all sides. These are selfish people. But, they can't help themselves. They are actors.
So from darkest Prague, I wish you well... and hope you survive the ordeal of having to watch all my films. You are braver than me.
Terry Gilliam
Chers copains et fans de Paris Cinéma
Invariablement, les réalisateurs déclarent que c’est un grand honneur de se voir consacrer une rétrospective intégrale. J’espérai cette fois-ci éviter ce vieux cliché, mais malheureusement je ne peux pas… Parce que c’est un grand honneur… particulièrement ici, à Paris. De toutes les villes du monde, Paris est celle qui semble vraiment aimer et respecter le plus le cinéma.
Quand je suis à Paris je sens que ce que nous faisons en tant que réalisateur est réellement important. Cela m’encourage à continuer.
C’est à Paris que j’ai commencé le tournage de Brazil. Pour être précis c’était à Marne la Vallée, mais je résidais à Paris…et dans l’hôtel où nous étions logés, Place de la République, pendant que nous étions en train d’enregistrer notre arrivée, venu d’une salle de mariage, tout près, un orchestre a commencé à jouer la chanson « Brazil… ». Ca m’a frappé comme un signe magique, un encouragement particulier. Je l’interprétais comme un mariage possible entre mon film et Paris.
En un sens ce fut vrai. Quand le film fut terminé je n’avais aucune idée de ce que nous avions fait. J’étais perdu, confus. Ce sont les critiques parisiens qui ont été les premiers à articuler intelligemment le travail que j’avais réalisé. J’ai eu de la chance, ils avaient décidé que ce n’était pas un mauvais film. Ils le trouvèrent poétique, ce dont je n’avais jamais été accusé auparavant. Ils me donnèrent le courage d’entreprendre un long combat contre Universal Pictures que je gagnais finalement quand le studio essaya de trafiquer le film pour la sortie américaine.
Ainsi Brazil et moi devons beaucoup à Paris. Je suis très triste de ne pouvoir être parmi vous ce soir. J’avais tout prévu pour, mais malheureusement, quelque chose de terrible et d’étonnant m’arrive qui rend la chose impossible. J’AI DU BOULOT ! JE TOURNE UN FILM !
Quelqu’un a eu la folie de me donner l’argent et je suis coincé à Prague. Ce soir nous terminons notre première semaine sur LES FRERES GRIMM. Matt Damon, Heath Ledger et Jonathan Pryce ne me laissent pas partir. Ils pensent qu’ils ont besoin de leur réalisateur. Je devrais être à Paris en train de vous dire « quel honneur c’est », mais ils m’obligent à rester là le nez dans la boue sous une pluie glaciale attaqué de toutes parts par des arbres violents et enchantés. Ce sont des égoïstes ; mais ils ne peuvent être autrement : ce sont des acteurs.
Alors d’un sombre Prague je vous salue et espère que vous survivrez au fait d’avoir à regarder tous mes films. Vous êtes plus courageux que moi.
Terry Gilliam
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Paris Cinéma : du 2 au 15 juillet 2003
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